Un stade de quartier et une pelouse synthétique : sur le papier, la promotion de l’UE Sant Andreu aurait pu passer inaperçue. Pourtant, 6 000 supporters bouillants s’étaient massés dans les tribunes de l’enceinte Narcis Sala, congestionnée entre les immeubles de ce quartier de Barcelone, pour rugir sur le pénalty de la victoire inscrit par Josep Sené (2-1, 79e) contre le Reus FC Reddis, dimanche.
Avec ce 20e succès en 32 matchs, l’équipe de Sant Andreu est assurée du titre au sein du groupe 3 de quatrième division espagnole, dans laquelle figurait également le Barça Atlètic, l’équipe de jeunes du FC Barcelone. Plus de dix ans après leur dernière relégation de D3, les Catalans retrouvent ainsi le troisième échelon espagnol.
Valeurs anti-racistes, anti-fascistes et féministes
Le club dispose d’une cote de popularité qui dépasse cette performance sportive. Sant Andreu est un quartier historique de Barcelone - dont il était indépendant avant 1897 - et l’ancrage local se ressent dans les valeurs catalanistes véhiculées par ses supporters. Ces derniers défendent également les causes anti-racistes, anti-fascistes et féministes.
Selon Sky Sports, le nombre d’abonnés a grimpé à 3 500 lors de la précédente promotion en 2023. Ce chiffre pourrait exploser si le club atteint son rêve de retour en D2 espagnole, étage plus visité depuis 1977. Et pour y parvenir, l’équipe s’appuie sur son propriétaire Taito Suzuki, dont l’arrivée à la tête de la formation a créé un réel paradoxe pour ce club si attaché à ses racines.
Le Japonais s’est joint aux célébrations, contrairement à l’entraîneur Natxo Gonzalez, victime d’une crise cardiaque quelques jours avant le match décisif. De quoi décupler la motivation de ses troupes, qui lui ont apporté le trophée dans sa chambre d’hôpital.




