Publié le 18/04/26 à 09h18
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115 000 €, 1156 ch et 2930 kg, la Denza Z9GT est la voiture électrique de tous le superlatifs. Elle joue le rôle de fleuron pour le groupe BYD en Europe et marque l'arrivée de sa branche premium Denza sur notre marché.
© Aurélien Piot / Les Numériques - Denza Z9GT
Depuis l'arrivée de BYD en France, nous n'avons pas caché notre relative déception face aux quelques modèles que nous avons eu la chance d'essayer, qui nous ont semblés un peu brouillons venant du constructeur devenu le n°1 mondial de la voiture électrique. La marque a en effet choisi de se lancer avec des tarifs plus élevés que les autres constructeurs chinois, sans pour autant que ses produits parraissent nécessairement plus aboutis.
Nous étions donc très curieux de découvrir la Denza Z9GT, vitrine technologique du groupe et premier modèle de la marque premium Denza à être commercialisé en Europe. Denza a été fondée par Mercedes et BYD en 2010, mais l'Allemand s'est ensuite retiré et il s'agit depuis 2024 d'une filiale à 100 % du géant chinois. Elle se place entre les marques BYD et Yangwang, qui arrivera aussi prochainement en Europe.
La Z9 a été lancée en 2024 et existe en version berline et break Z9GT. C'est cette seconde carrosserie qui a été retenue pour l'arrivée en Europe de Denza, qui proposera aussi chez nous le van hybride rechargeable D9.
La Z9GT est disponible en version hybride rechargeable appelée Super Hybride, ou encore DM, à partir de 101 000 €, tandis que sa version électrique EV coûte 115 000 €. Des tarifs donc très onéreux pour un modèle qui démarre à l'équivalent d'un peu moins de 34 000 € en Chine. Comme avec la marque BYD, le groupe n'est donc pas frileux d'annoncer en Europe des tarifs qui poussent la comparaison avec des marques bien plus établies. Une Porsche Taycan Sport Turismo démarre ainsi à 107 500 €, soit 7500 € moins cher que la Denza Z9GT électrique. Cette dernière est toutefois largement mieux équipée de série et offre d'offiice la bagatelle de 1156 ch, contre 408 ch "seulement" pour la Taycan d'entrée de gamme.
Aussi grande que luxueuse
En tant que fleuron de Denza, la Z9GT arbore des dimensions très imposantes. Elle mesure pas moins de 5,18 m de long en version électrique et 5,20 m en hybride rechargeable. Les deux modèles ont en effet une face avant différente, dotée d'entrées d'air actives sur le modèle électrique.
© Aurélien Piot / Les Numériques
L'arrière est assez massif malgré le style de break de chasse de la Z9GT, façon Sport Turismo chez Porsche. Un spoiler se déploie automatiquement au-dessus des larges blocs optiques.
© Aurélien Piot / Les Numériques
Notre modèle d'essai est équipé de jantes 21 pouces (20 pouces de série), de rétroviseurs caméras et d'une peinture optionnelle, soit les seules options proposées au catalogue, pour un tarif total de 121 600 €.
Trois intérieurs sont proposés avec du noir, du bordeaux, ou du blanc comme à bord de notre modèle d'essai. Le cuir est véritable de même que le bois et les finitions sont quasi-irréprochables, même à ce niveau de tarif.
© Aurélien Piot / Les Numériques
La planche de bord ne révolutionne pas le genre, avec un large écran central de 17,3 pouces au format tablette. Il met à l'honneur la nouvelle égérie de la marque, Daniel Craig. "Certaines collaborations s’imposent comme une évidence. Celle-ci en fait partie.", indiquait Denza lors de l'annonce de ce partenariat. On vous laissera en juger.
© Aurélien Piot / Les Numériques
Malgré le gabarit très important de cette Z9GT, l'imposante console centrale réduit tout de même l'espace aux places avant. Elle compte quelques touches physiques permettant notamment de régler les modes de conduite et la récupération d'énergie, ainsi qu'un assez traditionnel bouton de démarrage.
La climatisation se règle elle depuis l'écran central qui, comme chez BYD, reçoit désormais les services Google. Son interface est semblable à celle des autres modèles du groupe, avec Google Maps en tant que système de navigation et la possibilité de télécharger certaines applications depuis le Play Store. De nombreuses autres sont déjà préinstallées et Android Auto et Apple CarPlay sont aussi proposés.
© Aurélien Piot / Les Numériques
L'ensemble est assez réactif et complet, mais donne parfois une impression un peu brouillon. Les traductions sont hasardeuses et la gestion de la casse erratique. En activant la vue des caméras en roulant, la voiture nous a aussi gratifié d'une erreur en chinois, avant que l'écran devienne rouge pendant quelques secondes.
© Aurélien Piot / Les Numériques
Côté passager, un écran de 13,2 pouces permet de regarder des vidéos YouTube ou de jouer à de nombreux jeux. Certaines applications sont disponibles cette fois via le BYD Store, et non plus le Play Store de Google.
© Aurélien Piot / Les Numériques
Un navigateur web est également proposé, mais seulement à l'arrêt "pour des raisons de sécurité". Ces mêmes raisons bloquent également l'application radio sur l'écran central en roulant ou la saisie d'une adresse pour la navigation, mais pas l'application karaoké. Allez comprendre.
© Aurélien Piot / Les Numériques
L'écran d'instrumentation mesure lui aussi 13,2 pouces et se montre assez classique, de même que l'affichage tête-haute.
© Aurélien Piot / Les Numériques
Enfin, les écrans des rétroviseurs caméras sont placés sur les portières, ce qui procure un assez mauvais angle de vision pour les images du rétroviseur gauche. Cette option nous paraît donc peu utile, d'autant que les caméras extérieures sont presque aussi imposantes que des rétroviseurs traditionnels.
© Aurélien Piot / Les Numériques
Le rétroviseur intérieur fonctionne aussi par caméra, mais il est possible de désactiver cette fonction pour qui serait gêné.
© Aurélien Piot / Les Numériques
Pour le reste, l'équipement de série est ultra complet. On retiendra notamment le système audio Devialet à vingt haut-parleurs, ou encore le compartiment réfrigéré dans la console centrale, capable de descendre jusqu'à - 6°C, ou de chauffer jusqu'à 50°C.
© Aurélien Piot / Les Numériques
De plus, les portières profitent d'une ouverture et d'une fermeture électriques. Dans les faits, la fermeture électrique via un bouton au niveau du pavillon, ou en mettant le pied sur le frein pour le conducteur, est assez pratique pour ne pas avoir à tendre le bras.
© Aurélien Piot / Les Numériques
Pour ce qui est de l'ouverture, via un bouton sur la poignée, c'est une toute autre histoire. Les cas où elle a fonctionné correctement lors de notre journée d'essai se sont faits rares, même après avoir pris l'habitude de faire un pas en arrière pour lui laisser un maximum de dégagement. Le plus souvent, la porte s'arrête au milieu malgré l'absence d'obstacle environnant et on aura plus vite fait de la tirer par soi-même, avec toutefois une certaine résistance due au mécanisme.
À l'arrière, l'espace aux jambes est tout bonnement immense. De quoi convenir aux plus grands gabarits ? Pas tout à fait, car la garde au toit est plus limitée. Les plus de 1,90 m auront la tête qui touche le pavillon et, dès 1,85 m, on manque d'un peu d'espace pour pouvoir se tenir droit quelle que soit la position des dossiers inclinables.
© Aurélien Piot / Les Numériques
Les autres gabarits seront toutefois particulièrement bien installés. Comme à l'avant, les sièges arrière sont chauffants, ventilés et massants, tandis que la climatisation compte quatre zones différentes, avec un écran dédié pour les passagers arrière. En revanche, aucun écran de divertissement n'est intégré.
© Aurélien Piot / Les Numériques
Deux toits panoramiques sont livrés de série avec des vélums électriques, tandis que les passagers arrière profitent de miroirs de courtoisie éclairés.
© Aurélien Piot / Les Numériques
Enfin, un chargeur à induction de 50 W est intégré à l'accoudoir central, tandis que deux autres sont présents à l'avant.
© Aurélien Piot / Les Numériques
Si l'espace aux jambes des passagers arrière est donc très important, on ne peut pas en dire autant de celui alloué aux bagages. Le coffre cube ainsi à 495 l voire 478 l en version hybride rechargeable, ce qui est correct mais décevant au regard du gabarit.
© Aurélien Piot / Les Numériques
Heureusement, un coffre avant (frunk) de 53 l complète ce volume à bord du modèle électrique.
© Aurélien Piot / Les Numériques
1156 ch, mais pour quoi faire ?
Trois moteurs électriques, des roues arrière directrices, une suspension pneumatique et des freins carbone-céramique : Denza a souhaité pousser tous les curseurs au maximum pour offrir à sa Z9GT une fiche technique digne du tarif demandé.
Au volant, on comprend toutefois assez vite que cette Z9GT n'a pas pour but d'être comparée avec une Porsche Taycan, beaucoup plus sportive. On déplore une position de conduite un peu haute et, surtout, une masse pachydermique de 2930 kg en version électrique (2830 kg en hybride rechargeable) qui pénalise son dynamisme, avec un train avant peu incisif. On comprend mieux la présence de disques carbone-céramique, mais qui risquent de coûter excessivement cher lorsqu'il faudra les remplacer.
La suspension pneumatique est très souple en mode Confort, qui ravira les amateurs de douceur. Elle se rafermit notablement en mode Sport, dégradant légèrement le confort, mais ne contient pas totalement les mouvements de caisse. Le tangage à l'accélération est important et on a vite fait de perdre le train avant. Pour cause, cette Z9GT est totalement surmotorisée. Son moteur avant développe 230 kW (313 ch) et chacun de ses moteurs arrière 310 kW (422 ch), pour une puissance cumulée de 850 kW (1156 ch) et un couple de 1210 Nm.
Le 0 à 100 km/h est ainsi abattu en seulement 2,7 s, soit le même temps qu'une Porsche Taycan Turbo Sport Turismo, qui se contente elle de 650 kW (884 ch). Comme chez Porsche, la puissance maximale de la Denza Z9GT n'est pas disponible tout le temps. Il faut pour cela tirer la palette Boost à droite du volant, qui permet momentanément de libérer toute sa cavalerie.
© Aurélien Piot / Les Numériques
Le modèle hybride rechargeable conserve les trois moteurs électriques de la Z9GT EV, avec une puissance maximale de 570 kW (776 ch). Il est équipé d'un moteur essence quatre cylindres turbo de 2,0 l servant majoritairement de générateur, mais pouvant aussi entraîner les roues.
Ces trois moteurs électriques permettent aussi bien à la Z9GT électrique qu'à sa version hybride rechargeable de nombreuses fonctions hors du commun. Ainsi, elle est capable de pivoter autour de son train avant, comme un compas, en faisant tourner ses roues arrière dans un sens opposé l'une à l'autre, par exemple pour se garer en créneau. Sans grande utilité, cette fonction risque surtout d'user très rapidement les pneus et l'enrobé. De plus, il faudra veiller à ce qu'aucun obstacle ne soit présent, puisque la Z9GT peut alors les percuter.
Grâce à ses roues arrière directrices, qui permettent surtout de limiter le diamètre de braquage à seulement 10,7 m, la Z9GT est également capable de rouler "en crabe", avançant en diagonale mais restant droite. Encore une fois, on se demande à quoi peut servir cette démonstration technologique dans un usage réel.
Les roues arrière directrices sont non seulement capables de tourner dans le même sens ou dans le sens opposé des roues avant, à haute ou à basse vitesse, mais aussi de tourner dans un sens opposé l'une à l'autre. Lors des freinages appuyés, les roues arrière se tournent par exemple vers l'intérieur de la voiture, afin de la stabiliser.
Denza assure également que sa Z9GT est capable de maintenir son cap si l'un de ses pneus explose, en agissant sur la direction et la suspension, et ce jusqu'à une vitesse de 180 km/h.
On retiendra aussi la fonction de parking automatique assez poussée, qui permet notamment de choisir si la voiture doit se positionner au centre, à gauche ou à droite de l'emplacement, ou encore de lui indiquer où se garer en l'absence de marquage au sol. La voiture peut aussi rabattre automatiquement ses rétroviseurs si nécessaire. Toutefois, lors de notre essai, elle a notamment abandonné une manœuvre car des piétons se situaient deux places plus loin et interprété l'un deux comme se tenant à quelques centimètres de notre voiture. Comme de nombreuses autres technologies de cette Z9GT, cette fonction en promet donc beaucoup mais ne s'avère pas assez aboutie à l'usage.
Enfin, le système de conduite autonome de niveau 2, accessible via la palette gauche du volant, n'excelle pas particulièrement. Il s'appuie notamment sur un lidar placé sur le toit de la voiture, mais les réactions du régulateur de vitesse adaptatif sont trop brusques.
Une recharge ultra-rapide
Parmi les nombreuses technologies hors du commun de cette Denza Z9GT, c'est sans aucun doute sa recharge qui se montre la plus intéressante. Ainsi, elle annonce un 10 à 70 % en seulement 5 min et un 10 à 97 % en 9 min, en faisant de loin le modèle qui se charge le plus rapidement du marché européen. Pour se faire, elle accepte une puissance allant jusqu'à 1000 kW en pic, pour recharger sa batterie LFP cell-to-body de 122,49 kWh de capacité totale (on comprend mieux la masse de la bête).
© Aurélien Piot / Les Numériques
Nous avons pu observer une Z9GT respecter les temps de charge annoncés et passer de 10 à 80 % en 6 min, sur une station de recharge temporairement installée par BYD pour le bien de cette démonstration. En effet, la plupart des bornes de recharge rapide du réseau français se limitent à 350 kW, ce qui ne permettrait de passer de 10 à 80 % qu'en une quinzaine de minutes, soit un temps semblable à celui des modèles XPeng.
Pour exploiter au mieux les capacités de ses voitures, BYD va donc déployer son propre réseau de recharge ultra rapide, appelé Flash Charging, avec 3000 stations prévues en Europe d'ici la fin 2026, dont plusieurs centaines en France. Les premières ouvriront au début de l'été, soit au moment des premières livraisons françaises de la Z9GT.
Elles disposeront d'a minima deux points de charge par station et permettront de délivrer jusqu'à 1500 kW par pistolet, ou jusqu'à 1000 kW si deux voitures se rechargent en même temps. Pour ce faire, elles n'auront besoin que d'un raccordement au réseau de 100 à 300 kW, puisque ces stations font appel à deux batteries tampon LFP de 200 kWh chacune, permettant d'atteindre une puissance de décharge supérieure à la puissance du raccordement au réseau.
Ces bornes seront installées chez des concessionaires BYD, ou bien sur des stations existantes via des partenariats avec des opérateurs. Les clients Denza auront droit à dix-huit mois de recharge gratuite sur ce futur réseau, dont on ne connait pas encore la tarification.
Malheureusement, l'autonomie de la Denza Z9GT électrique est assez décevante au regard de son immense batterie, avec seulement 600 km WLTP. Une Porsche Taycan Turbo Sport Turismo atteint 609 km WLTP avec une batterie plus petite, de 105 kWh. En effet, la consommation de la Denza Z9 GT est très importante, sans grande surprise avec près de 3 t sur la balance et trois moteurs électriques. Nous avons relevé une moyenne d'environ 25 kWh/100 km durant notre essai, à des vitesses ne dépassant pas les 110 km/h, certes avec quelques accélérations.
La version hybride rechargeable de la Denza Z9 GT emploie quant à elle une batterie de même technologie, cette fois de 63,82 kWh de capacité totale. Elle lui offre une autonomie électrique de 203 km et se recharge aussi rapidement que la batterie de la version électrique.
La Denza Z9GT impressionne, mais est-ce suffisant pour justifier son tarif ?
Cette Denza Z9GT est une véritable vitrine technologique qui présente à la fois le meilleur de l’industrie automobile chinoise, mais aussi ses lacunes. Le meilleur d'abord avec des performances hors normes, une recharge ultra rapide, un intérieur très soigné et un équipement pléthorique. Le bilan est toutefois contrasté par des démonstrations technologiques sans grand intéret ou peu efficaces à l'usage, un comportement routier qui ne suit pas et des consommations très élevées.
Plutôt qu'une surrenchère de chiffres stratosphériques et de démonstrations spectaculaires, on aurait aimé que BYD se serve de Denza pour livrer des voitures plus abouties. Après seulement une journée à son bord, les petits désagréments dont cette Z9GT nous a fait part étaient en effet trop nombreux pour justifier son tarif de plus de 100 000 €. Certes, sa recharge ultra rapide lui sera un gros avantage, mais il faudra attendre que le réseau Flash Charging se développe. En attendant, cela ne permet pas de compenser son autonomie décevante pour une routière.
Denza compte ouvrir dix concessions sur le territoire français d'ici la fin 2026 et étoffera d'ici-là sa gamme. Une version propulsion de la Z9GT est aussi prévue pour la fin de l'année. Espérons qu'elle permette d'abaisser sensiblement son tarif et sa consommation, auquel cas la Z9GT pourrait devenir nettement plus intéressante.
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