Le gouvernement américain a repris les titres Let Down et Blow dans des vidéos mettant en scène la police de l’immigration et des avions de chasse de l’armée.
Passer la publicité Passer la publicitéOn connaît la chanson par cœur. La Maison Blanche publie une vidéo sur les réseaux sociaux pour promouvoir ses forces militaires, elle y ajoute une musique de fond, et son interprète s’offusque quelques heures après car il n’a pas donné son consentement. Depuis l’investiture de Donald Trump, en janvier 2025, ce phénomène est (un peu trop) récurrent. Céline Dion, Beyoncé, Taylor Swift, Olivia Rodrigo, SZA, Sabrina Carpenter et même les Rolling Stones ont manifesté leur mécontentement. Chacun à leur manière. Aujourd’hui, ils passent le relais à Radiohead et Kesha.
Dans un communiqué relayé par Variety, le groupe Radiohead s’est indigné de voir sa chanson Let Down utilisée par le département américain de la sécurité intérieure dans une vidéo mettant en scène des agents de l’ICE, la police de l’immigration. Sur les images, des individus présentés comme « des étrangers en situation irrégulière » sont arrêtés par des policiers. « Des citoyens américains ont été violés et assassinés par ceux qui n’ont aucun droit sur notre territoire », écrit le département de la sécurité intérieure sous la publication.
Pour Radiohead, cette vidéo « n’est pas du tout drôle ». « Cette chanson compte beaucoup pour nous et pour d’autres, et vous ne pouvez pas vous l’approprier », alertent les membres du groupe. Avant d’ajouter : « Et puis, allez vous faire foutre. » Ils ont, par ailleurs, demandé à l’ICE et à ses « administrateurs amateurs » de « supprimer » cette vidéo des réseaux sociaux, car ils n’ont jamais eu « l’autorisation du groupe ».
Les artistes se font-ils avoir par la Maison Blanche ?
Dans le même temps, la chanteuse Kesha, connue pour son tube Tik Tok (2009), a demandé à l’administration Trump « d’arrêter d’utiliser [sa] musique ». La star de la pop américaine s’est notamment insurgée après que la Maison Blanche a repris la chanson Blow, sortie en 2010, pour promouvoir dans une vidéo vue plus de 15 millions de fois les avions de chasse de l’armée américaine. « J’ai découvert que le gouvernement utilisait mes chansons sur TikTok pour inciter à la violence et à la guerre, a répondu la chanteuse plusieurs jours après la diffusion de la vidéo. Je n’approuve pas du tout d’être associée à cette bande de pervers. Et n’oublions pas que le criminel prédateur Donald Trump apparaît plus d’un million de fois dans les fichiers Epstein. »
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Ces déclarations très virulentes n’ont pas échappé au gouvernement américain. Steven Cheung, le directeur de la communication de la Maison Blanche, s’en est même réjoui. Pour lui, tous « ces “artistes” se font avoir ». Leurs prises de parole sur les réseaux sociaux « ne font qu’augmenter le nombre de vues des vidéos, car les gens veulent voir pourquoi ils se plaignent ». Une réponse qui ne va probablement pas ravir les chanteurs concernés.

il y a 8 hour
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