Après la défaite de Viktor Orbán, le pianiste András Schiff va revenir jouer en Hongrie

il y a 2 day 3

Par opposition au leader du Fidesz, le maestro de 72 ans n’a pas mis les pieds dans son pays d’origine depuis 2010. Il accueille avec enthousiasme sa défaite, tout en observant avec circonspection son successeur, Péter Magyar.

Cet interprète estimé de Bach va mettre fin à une longue fugue. Depuis 2010, date des funérailles de sa mère, András Schiff n’a pas mis les pieds dans son pays d’origine, la Hongrie, par opposition à celui qui en a été l’homme fort pendant seize ans, Viktor Orbán. Après la « victoire écrasante » de Péter Magyar, dont il se réjouit dans le New York Times, le pianiste évoque la préparation d’un concert.

« J’avais dit que s’il n’était plus au pouvoir, je reviendrais. C’est ce qui se passe aujourd’hui (...) Nous essayons de trouver la bonne date, les bons lieux et de coordonner le tout. Mais cela aura certainement lieu au cours de cette année civile », témoigne le natif de Budapest dans le quotidien. Pour lui, le camouflet infligé à Viktor Orbán pourrait être le « signal » d’un changement d’ère international, qu’il appelle de ses vœux.

À lire aussi András Schiff, au service de Bach

Passer la publicité

Des concerts annulés aux États-Unis

Pas plus qu’en Hongrie, András Schiff ne se produit plus aux États-Unis depuis 2025. En mars de l’année dernière, il avait comparé la politique étrangère de Donald Trump à du « harcèlement ». « Je n’arrive tout simplement pas à comprendre comment des gens peuvent voter pour un monstre comme lui, excusez-moi pour cette expression. Il est intolérable. Pas seulement ce qu’il fait ou ce qu’il représente, mais sa rhétorique, son langage », s’émeut le septuagénaire, qui avait annulé des concerts avec l’Orchestre philharmonique de New York et une représentation au Carnegie Hall.

Rare parmi ses confrères, cette attitude tient à « une obligation de conscience », assure András Schiff, qui ne souhaite pas faire partie de « ces opportunistes qui se taisent ou qui détournent le regard ». Ainsi s’étonne-t-il que le National Symphony Orchestra dirigé par son « ami » Gianandrea Noseda continue de se produire au Kennedy Center, tombé dans l’escarcelle de Donald Trump.

À lire aussi « Je suis juste venu pour le sauver » : à Washington, le Kennedy Center boycotté par les artistes depuis sa reprise en main par Trump

Sentiments contraires

Le musicien naturalisé britannique et autrichien avait déjà annulé des récitals en 2000 en Autriche afin de protester contre la participation au gouvernement du parti d’extrême droite FPÖ. Il constitue aujourd’hui la principale force au parlement, le Conseil national.

En Hongrie, le nouveau premier ministre suscite chez lui des sentiments contraires. « J’ai pas mal de suspicions, je ne sais pas vraiment à qui nous avons affaire. Mais oui, j’ai de l’espoir. Au moins donnons-lui une chance. » Avant de passer dans l’opposition de centre droit, le vainqueur des législatives a longtemps été membre du Fidesz de Viktor Orbán.

À lire aussi Immigration, Europe, Ukraine : pourquoi Péter Magyar n’est pas un «Emmanuel Macron hongrois»

Dans le Washington Post, en 2011, le pianiste et chef d’orchestre qui vit à Florence exposait les maux affectant à ses yeux son pays d’origine : « Racisme, discrimination envers les Roms, antisémitisme, xénophobie, chauvinisme et nationalisme réactionnaire : ces manifestations sont profondément inquiétantes. »

Lire l’article en entier