« C’est surtout un rapport de cost killer (chasseur de coûts) qui veut prendre un milliard d’euros pour le donner au patrimoine », décrivait jeudi l’un des rares lecteurs du rapport (pas encore public) de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, rédigé par le député ciottiste Charles Alloncle. Qu’en est-il donc ? Les premières mesures ont été diffusées ce vendredi par plusieurs médias. Le Parisien a également obtenu des informations sur ce qu’il propose.
Dans son rapport, Charles Alloncle fixe un objectif : économiser un milliard d’euros par an pour le rediriger vers la conservation du patrimoine. Pour cela, le député UDR propose la fusion de France 2 et France 5 (conduisant de fait à la suppression de France 5), de réduire de 3/4 le budget des jeux et divertissements de France Télé ou encore de réduire de 1/3 le budget du service des sports du groupe, diffuseur des plus grosses compétitions sportives françaises.
Selon les informations que nous avons obtenues, Charles Alloncle veut aussi un rapprochement entre France Info et France 24 et réduire la voilure sur la couverture du Festival de Cannes en instaurant un plafond de dépenses à trois millions d’euros. Autre chantier suggéré : la lutte contre les postes doublons dans l’audiovisuel public. Le député Charles Alloncle propose aussi la suppression d’une des formations musicales de Radio France sur les quatre que compte l’entreprise.
Côté radio, il suggère de supprimer le Mouv’, l’antenne de Radio France dédiée au hip-hop.
Chamboule-tout sur la gouvernance de l’audiovisuel public
Au-delà des économies à réaliser, le rapporteur de la commission d’enquête veut aussi des changements sur la gouvernance de l’audiovisuel public. Charles Alloncle propose ainsi que ses dirigeants soient nommés par le président de la République après avis des parlementaires et de l’Arcom. Depuis 2013, c’est l’Arcom qui nomme les dirigeants des différentes entreprises publiques.
Le député de l’Hérault veut également interdire le passage dans des sociétés de production d’anciens dirigeants de l’audiovisuel public jusqu’à trois ans après leur départ. Dans la même idée, Charles Alloncle suggère que les dirigeants de l’audiovisuel public soient soumis au contrôle de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, déjà chargé de veiller aux conflits d’intérêts pour les élus des grandes villes et membres du gouvernement.
En tout, Charles Alloncle ferait près de 80 propositions, selon les sources. Contacté par l’AFP, il déplore que « des fuites (soient) organisées par des députés, alors que c’est totalement interdit ». « Cela devrait susciter un rappel à l’ordre ferme de la part de la présidente de l’Assemblée nationale », Yaël Braun-Pivet, a-t-il ajouté.
Le rapport et ses préconisations doivent être soumis au vote des 30 députés membres de la commission d’enquête lundi, après plus de quatre mois de travaux sous haute tension. Un vote favorable est nécessaire pour que le rapport soit rendu public une semaine plus tard.




