« Ça change des descentes de ski » : dans les Pyrénées, chez Martin Fourcade, la grande vogue du biathlon

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Les sangliers qui pullulent et dévastent les landes et forêts de Cerdagne, dans les Pyrénées-Orientales, peuvent être rassurés. Ils ne sont pas dans le viseur des carabines à petit plomb des apprentis biathlètes du secteur de La Calme à Font-Romeu-Pyrénées 2000. Ici les hivernants se contentent de tirer sur des petites cibles à 10 mètres, comme à Anterselva di Mezzo, la Mecque olympique du biathlon de Cortina d’Ampezzo.

À Mecque, Mecque et demie. À Font-Romeu, la pratique du biathlon est inscrite dans l’ADN. C’est dans les montagnes de Cerdagne et de Capcir, que la famille Fourcade a ses pistes, Martin, le champion multimédaillé olympique et son frère Simon, actuel directeur de l’équipe de France qui a si bien figuré aux JO.

« Le biathlon aux jeux, c’était vraiment excitant. Mais ma décision de faire cette initiation de deux heures (38 € plus la location du matériel) était déjà prise avant, lorsque mon frère, voici deux ans, est revenu tellement enchanté de sa séance. De suite il a acheté son propre matériel. Et pour moi, c’est un vrai moment de plaisir à refaire, pour le cardio à skis en skating et pour le caractère ludique avec le tir » raconte Manon Marco, venue avec son compagnon et deux amies de Narbonne (Aude). Ce vendredi, elle a fêté ses trente ans, carabine à l’épaule avec un sans-faute sur des cibles à 10 mètres.

« Rien à voir avec le tir de fête foraine »

« Cela change des descentes de ski alpin ou même du ski de randonnée », poursuit-elle alors que ce samedi, elle et ses amis sont déjà dans la télécabine pour atteindre le sommet de la station. « C’est du tir sportif et cela n’a rien à voir avec le tir de fête foraine ou la chasse, rappelle Grégoire Guicherd, moniteur de l’École de Ski Français, spécialiste des disciplines nordiques et du biathlon. L’exercice réclame de la concentration, la maîtrise du stress après avoir fourni un effort physique. Ici, les pratiquants retrouvent l’ambiance générale observée lors des JO, avec les mêmes mécanismes de compétition, en famille ou entre amis. »

« Le biathlon développe l’esprit d’équipe puisqu’en général, on finit la séance par un relais. À ce moment-là, les autres comptent sur nous et c’est très intéressant d’alterner ski de fond et tir à la carabine », s’exclame Benjamin, 12 ans, qui a découvert la discipline lors d’un séjour scolaire. Avec son père Samuel, ils se sont surtout consacrés au ski de fond pendant une semaine pour ces vacances de février. « Avec du soleil et surtout un enneigement exceptionnel et, comme toujours, des pistes de fond qui ne sont jamais embouteillées », ajoute le papa, de Montpellier et habitué de Font-Romeu.

« À Font-Romeu, depuis plusieurs années, la demande en biathlon est soutenue, bien réelle, plutôt spontanée mais un peu moins préréservé que pour le ski alpin », explique Grégory Guicherd, moniteur de l’ESF et l’un des encadrants du Club des sports de montagne de Font-Romeu. Le club regroupe plus de 150 enfants ou adultes pratiquants, dont Brice, le plus jeune des Fourcade (Free style).

Ces petits skieurs locaux, enchaînent à partir de 4 ans les initiations à toutes les disciplines de ski et le biathlon à partir du CE2. Au domaine skiable de la Calme 15 moniteurs de l’École de Ski français (Fond et biathlon) se relaient. Altiservice, l’opérateur de Font-Romeu-Pyrénées 2000, soigne à la fois la boucle dédiée au biathlon et le pas de tir avec dix postes pour viser les cibles. « Dans les séances d’initiation, on peut rassembler jusqu’à cinquante personnes. C’est dire la notoriété de cette pratique », confirme Grégory Guicherd, le moniteur en plein rush des vacances de février dans ce grand paradis blanc.

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