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Le cancer colorectal est considéré comme une maladie de la personne âgée : l’âge moyen du diagnostic étant d’environ 70 ans. Néanmoins depuis quelques années, on observe une augmentation des cas avant 40 ans. Comment expliquer cette expansion ? Comment se préserver de la maladie ? Les réponses.
L'essentiel
Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.
Le cancer colorectal est l’un des cancers les plus fréquents. Il affecte chaque année plus de 47 500 personnes et cause 17 000 décès. Dans plus de 80 % des cas, il provient d’une tumeur bénigne au niveau du côlon ou du rectum qui évolue lentement et finit par devenir cancéreuse (source 1).
Cancer du colorectal : une maladie qui existe aussi chez le sujet jeune
Ce cancer se développe le plus souvent après 50 ans ; avec une moyenne d’âge au moment du diagnostic de 71 ans chez l’homme et 72 ans chez la femme. Du fait de sa fréquence, un kit de dépistage, gratuit et facile à réaliser au domicile est proposé à toute personne de 50 à 74 ans tous les deux ans : « les personnes de cette tranche d’âge même sans facteur de risque et sans symptômes particuliers, reçoivent un courrier à leur domicile les invitant à réaliser ce dépistage. Depuis 2022, l’accès à ces kits a été facilité et est disponible dans un grand nombre de pharmacies sans nécessité d’aller voir le médecin au préalable », explique la Dre Pauline Castelnau-Marchand, cancérologue.
Mais attention, le cancer colorectal existe aussi chez le sujet jeune même si nous estimons qu’avant 40 ans ce cancer demeure rare. La maladie est notamment en augmentation chez les adultes jeunes dans certains pays du monde comme aux États-Unis, au Canada, en Australie et dans certaines régions d’Asie. En France, la baisse de l’incidence de ce cancer chez l’homme jeune est plus faible que chez les autres classes d’âge. Ajoutons que les taux augmentent lentement chez les femmes jeunes depuis 2005.
Cette expansion de la maladie chez les jeunes, peut s’expliquer, en grande partie, par une augmentation des expositions à des facteurs de risque, dont certains sont pourtant évitables.
Quel est l’âge moyen du cancer colorectal ?
L’âge moyen du cancer colorectal est précisément de 71 ans chez l’homme et de 72 ans chez la femme (source 1). La survenue de ce cancer est rare avant 50 ans : dans près de 94 % des cas, ce cancer survient après cet âge (source 2). Néanmoins, le rapport 2026 de l’American Cancer Society montre que l’incidence du cancer colorectal diminue chez les adultes de 65 ans et plus, grâce au dépistage et aux traitements, mais augmente chez les moins de 65 ans, notamment chez les 20‑49 ans (source 3). Les cas précoces représentent désormais une proportion croissante des nouveaux diagnostics et sont souvent détectés à un stade avancé.
Est-il possible d’avoir un cancer colorectal à 20 ou à 30 ans ?
Il est possible d’avoir un cancer colorectal dès l’âge de 20 ans voire avant. À cet égard, des travaux récents confirment que l’incidence du cancer colorectal chez les jeunes adultes est en hausse. Une analyse internationale publiée dans The Lancet Oncology (source 4) montre que les taux de cancer colorectal avant 50 ans augmentent dans une majorité de pays étudiés, tandis que dans de nombreux cas ils stagnent ou diminuent chez les personnes plus âgées, soulignant une tendance au déplacement vers des âges plus jeunes dans plusieurs régions du monde, y compris en Europe. Parallèlement, en France, une étude conduite par Santé publique France, l’INCa et le réseau Francim sur les 15‑39 ans montre que l’incidence de plusieurs cancers, dont le cancer colorectal, a augmenté entre 2000 et 2020 chez les adolescents et jeunes adultes, avec une progression annuelle observable sur deux décennies (source 5).
Cette situation reste bien heureusement rare. Elle concerne essentiellement des individus présentant des prédispositions génétiques, souvent familiales, à type syndrome de Lynch ou encore une polypose adénomateuse familiale (PAF). Ces syndromes sont liés à des mutations génétiques qui se transmettent aux descendants (source 6).
« Ces situations donc sont à suspecter lorsqu’un patient a des antécédents familiaux, à type parents, oncles, tantes ou fratrie, ayant eu un cancer colorectal à un âge précoce, soit avant 50 ou 60 ans. Ce d’autant plus s’il a plusieurs membres de sa famille atteints. Dans ce cas, il est orienté vers une consultation onco-génétique en vue du dépistage », indique la Dre Pauline Castelnau-Marchand.
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Pourquoi le cancer colorectal est-il en augmentation chez les jeunes ?
En dehors des personnes présentant une prédisposition génétique, l’augmentation des facteurs de risque environnementaux contribuerait probablement à expliquer une telle situation.
Ces dernières années, de multiples travaux tentent de démontrer que le déséquilibre du microbiote intestinal ou « dysbiose » (lié au déficit de fibres des aliments transformés et ultra-transformés) pouvait expliquer l’augmentation des cas de cancers du côlon sporadiques (c’est-à-dire survenant en dehors de toute prédisposition familiale).
Les faibles taux de dépistage et les erreurs de diagnostic sont aussi probablement en cause. « Des kits de dépistage sont livrés tous les deux ans à domicile à partir de 50 ans. Mais rien n’est prévu avant cet âge. Ajoutons que seulement 30 % des personnes qui reçoivent ces kits de test les font (sans doute par crainte d’une mauvaise nouvelle) », souligne la docteure.
Cancer colorectal : dépistage national de 50 à 74 ans, et dépistage avant 50 ans
Du fait de sa prévalence, le gouvernement a mis en place un dépistage dit de masse, sur l’ensemble du territoire français, de la population générale, entre 50 ans et 74 ans. Les personnes n’ayant pas de symptômes ou facteur de risque particulier, sont invitées par courrier postal, tous les deux ans, à se procurer un kit de dépistage à leur pharmacie. Celui-ci est gratuit et facile à réaliser. Il consiste à rechercher la présence de sang dans les selles (qui peut traduire l’existence de lésions précancéreuse ou cancéreuse). En cas de test positif, la personne sera orientée à consulter un gastro-entérologue afin de réaliser une coloscopie.
En cas de facteurs de risque, des coloscopies avant 50 ans
Chez les personnes de moins de 50 ans, le dépistage se fait en cas de présence de facteurs de risques ou de symptômes. Il est donc orienté par l’interrogatoire du médecin généraliste. Les facteurs de risques reconnus sont, comme suscité, les antécédents personnels ou familiaux de polypes ou de cancers colorectaux.
Cancer colorectal : des symptômes à ne pas ignorer
Chez les sujets jeunes, les médecins généralistes, sont souvent en première ligne et sont invités à redoubler de vigilance lorsqu’un patient présente certains symptômes.
Il s’agit principalement :
Ces signes ne sont pas spécifiques au cancer du côlon, mais nécessitent une consultation avec un gastro-entérologue qui réalisera un examen clinique, et au moindre doute, une coloscopie afin d’écarter tout doute.
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Cancer colorectal : certains facteurs de risque sont évitables
Afin de limiter les risques de cancer du côlon ou du rectum, certains conseils hygiénodiététiques sont simples et permettent de réduire fortement votre risque de cancer colorectal.
- Avoir une alimentation équilibrée, riches en fibres et en bons acides gras insaturés. Il convient de limiter sa consommation de viandes rouges grasses surtout lorsqu’elles sont transformées (comme les charcuteries). Si possible, issue de l’agriculture biologique évitant les pesticides ;
- Ne pas fumer ou faire un sevrage tabagique ;
- Limiter sa consommation d’alcool ;
- Avoir une activité physique régulière ; luttant, avec une bonne alimentation contre le surpoids.
« L’activité physique est un élément clé. Comme l’ont prouvé de nombreuses études désormais, elle permet de réduire significativement le risque de cancer colorectal. Ceci peut s’expliquer en partie par l’activation du transit limitant l’exposition de la muqueuse colique aux aliments cancérogènes » comme le précise le Dr Pauline Castelnau-Marchand.
Sources
Entretien avec la Dre Pauline Castelnau-Marchand, oncologue radiothérapeute.
Source 1 : Institut National du Cancer, le cancer colorectal.
Source 2 : Cancer colorectal- Centre de lutte contre le cancer.
Source 3 : Colorectal Cancer Drops in Older Adults and Rises in Younger Ones, Sandy McDowell, Editorial Director, Digital Research Content, American Cancer Society, 02/03/2026.
Source 4 : Colorectal cancer incidence trends in younger versus older adults : an analysis of population-based cancer registry data, The Lancet Oncology, 26/01/2025.
Source 5 : Incidence des cancers chez les adolescents et jeunes adultes, âgés de 15 à 39 ans et évolutions entre 2000 et 2020 dans les départements de France hexagonale couverts par un registre général, Santé Publique France, 2025.
Source 6 : Colorectal cancer-associated microbiota contributes to oncogenic epigenetic signatures, PNAS, 11/11/2019.
Cancer colorectal, Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard.

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