L’actrice de 23 ans a remporté, ce jeudi soir, le César de l’espoir féminin pour son rôle d’une jeune musulmane peinant à assumer son homosexualité dans le drame d’Hafsia Herzi. Déjà primée à Cannes en mai 2025, elle n’avait jamais tourné avant ce film.
Un tout premier rôle et la consécration pour Nadia Melliti. Ce jeudi 26 février, son interprétation de Fatima Dass, une jeune musulmane de banlieue qui peine à assumer son homosexualité dans « La Petite Dernière », lui a valu de décrocher le César de l’espoir féminin lors de la Cérémonie dédiée au 7e art. « Depuis les prémices de cette aventure, j’ai l’impression de vivre un rêve éveillé. Alors, s’il vous plaît, ne me réveillez pas », s’est réjouit la comédienne, dédiant ensuite son prix « aux personnes qui sont le fondement de notre société, qui veillent à notre bien-être mental ».
« Je pense aux agricultrices et agriculteurs, au personnel médical dans les hôpitaux et au personnel de l’Éducation. Merci de nous avoir permis et de continuer à nous permettre à nous et à nos futurs enfants d’être devenus des citoyens lucides et porteurs de belles valeurs », a-t-elle poursuivi. Et de conclure en s’adressant à sa maman : « Lors de mon enfance, je t’avais promis le Ballon d’or. J’ai failli à ma mission, mais je reviens avec le César d’or ».
Sincère et déchirante dans le drame d’Hafsia Herzi, Nadia Melliti, qui figurait parmi nos coups de cœur, a été propulsée sur le devant de la scène lors du Festival de Cannes l’an dernier. Elle y a remporté le prix d’interprétation féminine. « Ça change la vie, mais ça ne me change pas moi », nous confiait-elle en octobre 2025, à l’occasion de la sortie du long-métrage en salles.
Repérée dans la rue
Et pour cause ! Ce premier projet marque une entrée en fanfare dans le monde du 7e art, bien éloigné de celui de l’étudiante en Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives). Deux ans avant la présentation du film sur la Croisette, le quotidien de la Dionysienne a été chamboulé par une rencontre avec la directrice de casting, Audrey Gini, qui l’a repérée dans les rues de Paris. L’« aura » et la « présence » de la jeune femme l’ont directement interpellée, se souvenait-elle.
L’émancipation, maître mot de cette adaptation du roman autobiographique de Fatima Daas, avait particulièrement touché le « côté rebelle » de la novice devant une caméra. Tout au long du récit, l’héroïne à l’allure de garçonne arpente un chemin sinueux, bousculée par ses contradictions, les traditions familiales et religieuses.
Garçon manqué
À la lecture du scénario, Nadia Melliti nous racontait découvrir une histoire faisant écho à la sienne : « Je n’ai jamais été favorable aux normes, aux injonctions, aux cadres. J’ai commencé le foot à 7 ans, je suis entrée dans un club à 11 ans, je voulais être footballeuse professionnelle. J’ai tout de suite été catégorisée comme étant un garçon. »
Depuis l’an dernier, c’est la fin de l’anonymat pour l’étudiante à Bobigny (Seine-Saint-Denis), âgée de 23 ans. Ayant pour projet de devenir enseignante d’EPS, elle jongle aujourd’hui entre cinéma et sport. Après une année à voyager autour du monde pour représenter le film, ce César, c’est la cerise sur le gâteau pour Nadia Melliti, un nouveau visage du cinéma français à suivre.




