Par Nicolas Daguin
Le 22 avril 2026 à 11h37
Dans la nuit du 18 décembre, un investisseur en cryptomonnaie et sa compagne avaient été violemment agressés chez eux et dépouillé d’environ huit millions d’euros, un montant qui pourrait constituer l’un des plus importants vols de cryptomonnaies commis en France à ce jour.
Passer la publicité Passer la publicitéQuatre mois après la séquestration ultraviolente d’un couple près de La Rochelle (Charente-Maritime) pour lui soutirer la bagatelle de huit millions d’euros en cryptomonnaie, un suspect a été interpellé le 16 avril par les gendarmes de la section de recherches de Poitiers, a-t-on appris mercredi de source proche de l’enquête. «C’est un jeune homme originaire d’une cité d’Île-de-France. Il fait partie du commando qui a séquestré les victimes, on l’accuse aussi d’avoir emporté la clé USB sur laquelle une grosse partie des fonds étaient stockés», détaille la même source. «Mon client conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés», commente de son côté l’avocat du suspect, Me Baptiste Bellet.
Dans la nuit de mercredi à jeudi 18 décembre dernier, les victimes, un investisseur en cryptomonnaie et sa compagne, avaient été agressées au saut du lit, à leur domicile de Dompierre-sur-Mer, par trois individus cagoulés. Les assaillants avaient fait irruption vers cinq heures du matin et avaient exercé des violences physiques pour contraindre l’homme à leur donner accès à son portefeuille de cryptoactifs depuis son ordinateur. Sous la contrainte, l’investisseur avait été dépouillé d’environ huit millions d’euros, un montant qui pourrait constituer l’un des plus importants vols de cryptomonnaies commis en France à ce jour, selon des sources concordantes. Une partie des fonds était stockée sur un portefeuille sécurisé de la société française Ledger, dont le cofondateur David Balland, a lui-même été victime d’un cryptorapt fin janvier 2025.
Une criminalité émergente
Après le transfert des fonds, les malfaiteurs avaient pris la fuite sans être interpellés. Les deux victimes étaient parvenues à se libérer et à alerter les secours. Très choquées, elles avaient été prises en charge par les pompiers. L’homme avait été hospitalisé, sans que son pronostic vital ne soit engagé. Un médecin légiste avait été requis afin d’évaluer son incapacité totale de travail. «Aujourd’hui, ils sont soulagés de voir que l’enquête avance», observe l’avocat du couple, Me Antoine Ory. L’enquête, d’abord ouverte sous l’autorité de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes, a depuis été reprise par le parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) du tribunal de Paris. Les investigations ont quant à elles été confiées aux sections de recherches de Poitiers et de La Rochelle, avec l’appui de l’Unité nationale cyber de la gendarmerie.
Les services de police et de gendarmerie avaient dénombré 131 faits de cryptorapts sur le territoire national entre juillet 2023 et fin mars 2026. En 2025, 67 faits avaient été enregistrés, contre 18 l’année précédente. Depuis le 1er janvier, près d’une cinquantaine de cryptorapts ont été recensés. «C’est une criminalité émergente, qui monte en puissance de manière inquiétante», avait déploré dans nos colonnes le 6 avril, la procureur du Pnaco, Vanessa Perré. Et d’ajouter : «Ce qui est frappant, c’est qu’il s’agit d’un phénomène plutôt franco-français : il n’est pas observé dans les mêmes proportions en Belgique, en Allemagne ou en Italie, selon nos partenaires et les enquêteurs, sans que l’on en comprenne encore précisément les raisons.»

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