ENTRETIEN - Accepter, se résigner ? Ce n’est pas le genre de l’ancienne présidente de la Société française de soins palliatifs (SFAP), qui appelle à une «solidarité radicale» et au refus de l’indifférence dans son nouvel essai : Fin de vie. Manuel de résistance, qui sort le 22 avril chez Fayard.
LE FIGARO. - À la veille de l’adoption d’une loi sur l’aide à mourir, quel message avez-vous voulu envoyer avec ce « manuel de résistance » ?
CLAIRE FOURCADE. - Si cette loi est adoptée, cela va tanguer, alors même que le soin s’exerce sur un terrain déjà extrêmement fragile. Les soignants tentent de tenir le coup face au sentiment que le système de santé se délite. Je ne suis pas certaine que tout le monde mesure sa précarité. Dans ce contexte, il n’est pas facile de conserver du sens à ce que l’on fait. J’ai écrit ce livre par nécessité de garder de l’espoir et pour partager l’idée que tout ne va pas s’arrêter. Le chemin pour y arriver, c’est le collectif. Ensemble, nous pouvons arriver à trouver une voie qui ne soit ni la résignation ni l’opposition de principe mais l’engagement dans une vision plus humaine du soin, le refus de l’indifférence. C’est aussi une révolte contre une loi qui voudrait transformer la mort en formalité administrative. Les soins palliatifs sont nés en…

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