La ministre française de la Culture Catherine Pégard a rappelé son « attachement indéfectible à la liberté de création » et « la nécessité de défendre les artistes dans leur dignité et leur sécurité », dans une déclaration transmise à l’AFP jeudi, au lendemain de l’annonce de la condamnation de l’écrivain Kamel Daoud en Algérie.
Le romancier franco-algérien, qui vit en France, a annoncé mercredi avoir été condamné à trois ans de prison ferme par le tribunal d’Oran pour avoir abordé la guerre civile algérienne dans son roman « Houris », prix Goncourt en 2024.
Dans sa déclaration, Catherine Pégard « rappelle son attachement indéfectible à la liberté de création, qui, souvent, s’éprouve dans les zones de tension qu’elle révèle ».
Elle souligne aussi « la nécessité de défendre les artistes dans leur dignité et leur sécurité, la littérature demeurant un espace vivant de création ».
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L’auteur a annoncé mercredi sur le réseau social X avoir été condamné « à trois ans de prison ferme et à cinq millions de dinars algériens d’amende (environ 32 000 euros), en application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale ».
« Un interdit de retour en Algérie »
« Le tribunal a formalisé un interdit de retour en Algérie », a ajouté le romancier, qui vit en France après avoir quitté l’Algérie où il a longtemps été journaliste.
Une condamnation critiquée ce jeudi par Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, sur France Info : « Il s’agit d’un grand écrivain, je déplore qu’il puisse être condamné pour avoir écrit un livre. Il est résident en France, il n’a aucune raison d’être inquiété ».
Cette condamnation intervient alors que les relations franco-algériennes se sont récemment un peu améliorées après une période de vives tensions liées notamment à l’incarcération pendant un an de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal. Celui-ci a été gracié par le président algérien en novembre 2025.
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