Cormorans contre truites : la bataille de La Têt va finir devant le juge

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L’abattage de 35 Grands cormorans par la Fédération départementale de pêche aux abords du fleuve La Têt, sur la commune de Serdinya (Pyrénées-Orientales), a été autorisé entre le 15 octobre et le 1er mars par arrêté préfectoral. Objectif : évaluer l’impact de la prédation de cet oiseau migrateur protégé sur les populations d’espèces de poissons menacés ou protégés en analysant le contenu de leur estomac.

Pour le Groupe Ornithologique du Roussillon (GOR), cette décision a tout d’une aberration. « Nous allons attaquer cet arrêté. Si l’affaire n’est pas jugée avant octobre, nous formerons un recours en référé suspensif », déclare Joseph Garrigue.

« L’impact de la sécheresse et de la pollution est plus important »

S’il y a un point sur lequel les pour et les contre de cet abattage se rejoignent, c’est sur l’absence d’efficacité d’un tel abattage. « L’impact de la sécheresse et de la pollution sur l’état des rivières est bien plus important que celui des cormorans. Certes, ces oiseaux mangent des poissons, mais pas au point de les faire disparaître. Peut-être qu’il vaut mieux réduire le nombre de pêcheurs pour protéger la truite ! L’arrêté porte sur une toute petite zone, moins d’un kilomètre de rivière avec, en aval, un site de pisciculture. Il y a d’autres moyens de comprendre ce que ces oiseaux mangent, tout comme les professionnels ont d’autres moyens pour se protéger des oiseaux. Et à part la truite, aucune des espèces mentionnées n’est présente dans le secteur incriminé ».

Des grillages au-dessus de ses bassins de truites, Nicolas Crouille, à la tête de la Pisciculture du Canigò, en a déjà mis. « Chaque filet me coûte 1 200 euros. Les mailles étant un peu trop larges, ils passent à travers. Pour les empêcher de pêcher, on en est réduit à faire des rondes mais dès qu’on a le dos tourné, ils plongent. 35 cormorans, c’est largement insuffisant ». Plus que l’abattage des cormorans, le pisciculteur voudrait surtout qu’un système d’indemnisation soit mis en place « comme cela se fait quand le loup attaque et tue des brebis. C’est la même chose ».

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