Galvanisé par le succès obtenu face à Lyon, l’Olympique de Marseille n’a, une nouvelle fois, pas le droit à l’erreur, ce mercredi (21h), en quart de finale de la Coupe de France.
La qualification ou le retour brutal de la sinistrose. Voilà l’enjeu pour l’Olympique de Marseille version Habib Beye qui reçoit Toulouse, ce mercredi (21h), au stade Vélodrome, en quart de finale de la Coupe de France. Il y a trois jours, lors d’un «Olympico» renversant face au rival lyonnais, l’OM et son nouvel entraîneur franco-sénégalais ont livré un «grand match» au «scénario magnifique». Mais Beye - ancien joueur et capitaine du club (2003-2007), arrivé en pompier de service sur le banc - le sait mieux que personne : le quotidien chez les Phocéens est «un éternel recommencement», a-t-il prévenu après la communion avec ses supporters, passés eux aussi par toutes les émotions contre l’OL.
Pas le droit à la rechute, donc, au moment d’accueillir un Téfécé, 11e de Ligue 1, qui reste sur trois défaites en quatre matchs (face à Angers, Le Havre et Rennes, match nul face au Paris FC). Le PSG hors course, l’OM vise une première demi-finale de Coupe de France depuis la saison 2015-2016, dernier exercice avant l’acquisition du club par Frank McCourt (en octobre 2016). Il y a dix ans, les Olympiens entraînés par l’Espagnol Michel s’étaient même hissés jusqu’en finale, battus (2-4) au Stade de France par... le PSG de Zlatan Ibrahimovic et Laurent Blanc. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts même si une chose n’a pas changé : le peuple marseillais attend (désespérément) un trophée. Et d’autant plus la Coupe de France, dont la dernière victoire remonte à 1989.
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Confirmer ou rechuter
L’objectif est clair, les rêves sont permis. Mais chaque chose en son temps pour un OM en convalescence, encore en proie à la crise de nerfs, après un début d’année 2026 des plus rocambolesques en interne. Appelé à la rescousse, Habib Beye a réussi son retour au Vélodrome dans la foulée du «stage commando» organisé loin des regards à Marbella, pour oublier la débâcle subie à Brest (2-0). Sur le terrain, ses joueurs, bien que bousculés par les Lyonnais, ont mis du cœur à l’ouvrage. Et ont fini par être récompensés en allant «droit au but» avec - il en faut de temps en temps - une dose de réussite.
Sur son banc, l’ex-entraîneur du Stade Rennais a aussi été heureux dans ses choix (les entrants Igor Paixão et Ethan Nwaneri se sont montrés décisifs). L’euphorie a-t-elle déjà regagné le Vieux-Port ? Tout cela demande évidemment confirmation. Sachant qu’une élimination contre Toulouse, à domicile, s’ajouterait rapidement en haut de la pile des échecs de la saison aux côtés du cauchemar de Bruges.
«Je vois le football comme un jeu et surtout comme un générateur d’émotions. Dans un club comme celui-ci, il faut se nourrir de ces émotions-là, vécues avec ce peuple, et d’un tel scénario. Il serait hors de question pour nous de ne pas profiter de ces moments-là. J’ai été très content de voir mes joueurs communier avec ce public. Mais une fois dans le vestiaire, on a été capables de se parler et de très vite redescendre», a déclaré Beye, mardi, en conférence de presse, exigeant ensuite du «calme» et de «la sérénité». Tout en rappelant ses «objectifs très élevés» qui «créent une émulation» au sein de son groupe.
Un milieu de terrain à remodeler
Celui-ci sera privé de Pierre-Emile Hojbjerg (suspendu), d’Amine Gouiri (déjà absent contre l’OL) et de Quinten Timber, qui s’est déboîté une épaule avant de sortir à la mi-temps du choc des Olympiques. Des absences obligeant à repenser le milieu de terrain. Les recrues hivernales Himad Abdelli et Tochukwu Nnadi postulent ainsi à une première titularisation tandis que Geoffrey Kondogbia s’estime prêt à enchaîner. L’ancien Monégasque, 33 ans, en a connu des hauts et des bas à Marseille depuis son arrivée en 2023. Aussi bien sur le plan individuel que collectif.
«Le plus important est de s’adapter. On essaye de le vivre assez normalement et de se dire que ce sont des choses qui arrivent, a répondu mardi l’international centrafricain, interrogé sur l’instabilité chronique dans la cité phocéenne. Quand on regarde un peu plus loin, ça se passe aussi dans plusieurs clubs. C’est la réalité du football aujourd’hui. C’est assez cyclique. On se focalise sur ce qu’on contrôle : les entraînements.»
Relancé comme titulaire, Kondogbia espère désormais «faire de grandes choses» avec Habib Beye, un entraîneur qui «connaît très, très bien le club.» Et qui sait sans doute que le vent peut tourner très vite au Vélodrome, encore plus vite qu’ailleurs. Le 29 novembre dernier, en championnat, le Téfécé était venu arracher le match nul (2-2) dans les derniers instants face à l’équipe de Roberto De Zerbi. Un OM averti en vaut-il deux ?

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