Sur « le caillou », on fête encore une victoire. A Ouessant (Finistère), se dresse le phare du Créac’h, phare le plus puissant d’Europe et parmi les plus puissants du monde. Mais voilà, la lentille de ce dernier fait polémique depuis janvier 2025, date à laquelle l’Etat a annoncé vouloir la faire retirer pour la remplacer par un feu industriel, moins puissant mais surtout plus respectueux de l’environnement. Une aberration pour les habitants comme pour les gens de mer, qui ne comprenaient pas comment, d’un point de vue sécuritaire comme symbolique, on pouvait déclasser ainsi ce monument.
Des risques sanitaires et environnementaux
Après plusieurs manifestations et lettres ouvertes, les îliens (et notamment l’association Vent de Bout’, « lanceuse d’alerte » sur le sujet), avec le soutien du continent, ont fini par gagner. La lentille sera conservée. Mais, en contrepartie, des alternatives pour la conserver la lentille tout en se débarrassant du mercure qu’elle recèle, doivent être proposées. Ainsi, les services de la Direction interrégionale de la mer nord Atlantique Manche ouest ont coordonné un appel à manifestation d’intérêt (AMI), afin de trouver une solution efficace.
« Le phare du Créac’h se distingue par une optique monumentale, la plus grande de France, dont la rotation repose sur un bain de mercure, précisent-ils. Si ce dispositif a longtemps fait sa singularité, il présente aujourd’hui des risques sanitaires et environnementaux. Le retrait du mercure constitue ainsi une opportunité de concevoir une solution innovante, conciliant sécurité, protection de l’environnement et préservation de l’identité patrimoniale du phare ».
Neuf porteurs de projets techniques ont finalement répondu à l’AMI, lancée en décembre 2025 et clôturée fin mars, visant à trouver cette solution de prolongation d’usage des lentilles dites « de Fresnel ». Les noms des porteurs de projets ne sont pas encore connus, mais les dossiers seront étudiés rapidement dans les prochaines semaines.
Deux propositions auraient les faveurs de l’Etat
Lydia Rolland, ex-première adjointe de Denis Palluel, le maire sortant qui fût très longtemps à la tête du « caillou », anciennement en charge du suivi de ce projet, avait déjà poussé le projet avec la députée de la 6e circonscription Mélanie Thomin sur l’aspect sécurité maritime. Christian Dubet, président de l’association de sauvegarde du feu du Créac’h, dont le père était un ancien gardien de phare, s’est manifesté sur le volet technique du sujet.
Le nouveau maire, David Quantin, a rappelé que le phare du Créac’h occupait de toute façon une grande partie de son programme. C’est désormais Cédric Caïn, son troisième adjoint en charge de l’environnement, de la transition énergétique de l’eau et de l’assainissement de l’île, qui gère désormais ce dossier pour le moins complexe. « Nous aurons bientôt une réunion de présentation à laquelle seront conviées les associations », glisse ce dernier. Une sélection des projets les plus fonctionnels devrait y être dévoilée. Selon nos informations, deux propositions auraient déjà attiré l’attention des services de l’Etat.



