La motte castrale du parc Ornavik dépasse derrière le chantier du futur centre d’interprétation dédié aux Vikings, annoncé pour 2027. L’aventure d’un projet associatif né au début des années 2000 « prend une autre ampleur », proclame le président de la région Normandie Hervé Morin ce 9 mars au domaine de Beauregard à Hérouville-Saint-Clair (près de Caen), où est édifié le parc. Tout près des chaumières, des ateliers, des jardins et, donc, de la motte castrale construits par des bénévoles au fil des années sort de terre ce centre de 2000 m2 « où on découvrira l’histoire réelle des Vikings et de l’histoire de la Normandie jusqu’à Guillaume le Conquérant, sourit Christian Sébire, fondateur d’Ornavik.
« Ils n’étaient pas que des brutes sanguinaires »
C’est lui qui, après une visite au château de Guédelon, dans l’Yonne, s’est mis en tête de recréer cet univers viking et médiéval, de la concession des terres normandes au chef viking Rollon en 911 à l’épopée de Guillaume le Conquérant, son descendant. « C’est le seul endroit, en dehors de la Scandinavie, où l’on découvre les Vikings, à qui l’on doit tout, appuie Hervé Morin. Dans le centre, on commencera par déconstruire le mythe. Car ils n’étaient pas que des brutes sanguinaires. Les Vikings étaient aussi des artistes : regardez le dessin de leurs bateaux ! On présente aussi les modes de vie scandinaves. » Ainsi, donc, que les premiers temps de l’Histoire normande.
Côté parc, trois espaces : le village carolingien du Xe siècle ; le campement scandinave avec son drakkar ; l’espace ducal avec la fameuse motte castrale. Un saut dans le temps animé, d’avril à octobre, par les bénévoles, pour de nombreuses reconstitutions et démonstrations d’un certain nombre de savoir-faire anciens. Côté centre : des salles d’expositions, de formation, un grand atrium, un restaurant, le tout avec vues sur le domaine et sur le parc. Et avec une construction inspirée d’architecture médiévale, avec par exemple du pisé, de la terre comprimée, comme murs, avec du bois.
Jusqu’à 70 000 visiteurs attendus
Ce bâtiment d’un peu plus de 11 millions d’euros (financé à hauteur de 5,9 millions d’euros par la région) doit offrir une expérience enrichie aux visiteurs. En accueillir bien davantage, également. De 27 000 par an environ, Ornavik doit grimper à 70 000, lesquels pourront construire leur passage entre le parc et un centre, qui fonctionnera à l’année.
« Caen est un haut lieu du tourisme médiéval, salue Hervé Morin. Ce site représente l’essence de ce qu’on veut bâtir sur l’identité normande, la transmission et le tourisme historique. Ornavik est une pépite assez incroyable. La structure ouvrira en 2027, année du millénaire de la naissance de Guillaume le Conquérant, marquée par un millier d’événements labellisés dans la région.
Pour l’inauguration du parc nouvelle version, courant juin 2027, « nous préparons la plus grande concentration de drakkars sur l’eau en Normandie depuis 1 000 ans », pétille Christian Sébire. Une trentaine de reproductions de bateaux scandinaves d’époque partiront de Barfleur, dans la Manche et longeront les côtes. Ils remonteront le canal vers Ornavik et Beauregard, avant de poursuivre leur route et remonter la Seine comme jadis.




