Estimées à 2 millions d’euros, des lettres d’amour de John Keats dérobées dans les années 1980 refont surface

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John Keats, ici représenté par le peintre Joseph Severn (1793-1879), a produit en quelques années une œuvre lyrique qui a marqué Lord Byron et Mary Shelley.

John Keats, ici représenté par le peintre Joseph Severn (1793-1879), a produit en quelques années une œuvre lyrique qui a marqué Lord Byron et Mary Shelley. Bridgeman Images

Les huit missives témoignent de la relation entre le poète anglais, mort dans la fleur de l’âge, et Fanny Brawne. Identifiées à New York après un signalement, elles ont été rendues aux héritiers du propriétaire lésé.

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Des lettres à travers lesquelles l’emblématique poète romantique anglais écrivit son histoire d’amour, avant de sombrer dans la maladie. Entre 1819 et 1820, John Keats a tenu une correspondance avec sa muse et fiancée, Fanny Brawne. On en connaît trente-sept rédigées de la main du poète. Huit d’entre elles, qui avaient été volées dans les années 1980, ont été rendues lundi à leur propriétaire.

Selon une information du New York Times  et du Guardian, les lettres de John Keats sont réapparues en janvier 2025, lorsqu’un individu a tenté de les revendre à des librairies spécialisées de Manhattan, qui ont donné l’alerte. Un juge de la Cour suprême de New York a autorisé leur remise aux héritiers du propriétaire lésé, John Hay Whitney.

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Cet homme d’affaires et ancien ambassadeur américain au Royaume-Uni décédé en 1982 possédait une collection d’art, de Renoir à Cézanne, et des livres anciens hérités de sa riche famille. Le vol des lettres de Keats et d’autres ouvrages précieux - également retrouvés à New York - a été commis durant une période de travaux réalisés dans sa demeure de Long Island.

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« Écris-moi les mots les plus doux »

Estimé à deux millions d’euros environ, le corpus témoigne de la relation entre John Keats et de Fanny Brawne. Une voisine du poète dans le quartier de Hampstead, à proximité de Londres. Le jeune barde anglais, qui ne jurait que par Apollon et la beauté, poursuivait de ses assiduités cette jeune femme polyglotte et cultivée. Ils se sont secrètement fiancés en 1819.

« Écris-moi les mots les plus doux et embrasse-les, afin que je puisse au moins effleurer de mes lèvres l’endroit où les tiennes se sont posées. (...) Je souhaiterais presque que nous soyons des papillons et que nous ne vivions que trois jours d’été – trois jours passés avec toi que je pourrais remplir d’un plus grand bonheur que cinquante années ordinaires ne pourraient jamais en contenir », lit-on dans une de ces lettres d’un romantisme achevé.

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Entré en poésie comme en religion, l’ancien étudiant en médecine a produit une œuvre lyrique qui lui vaut des railleries parmi la critique, mais séduit Lord Byron et Mary Shelley. Atteint d’une tuberculose dont il comprend l’issue fatale, il part en Italie respirer un autre air et meurt à Rome, en 1821, à l’âge de 25 ans, laissant derrière lui des poèmes narratifs, des odes et une importante correspondance. Accablée, Fanny prend le deuil. Leur idylle sentimentale et intellectuelle a inspiré Jane Campion, qui l’a mise en scène dans le film Bright Star  (2009).

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