Exclu. Le romancier Matthew Quirk juge la série The Night Agent, adaptée de son livre

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En exclusivité pour Télé-Loisirs, le romancier américain Matthew Quirk réagit au succès de la série de Netflix The Night Agent, adaptée de son livre, intitulé Une affaire personnelle. Il revient notamment sur la genèse de son roman, inspiré par deux histoires vraies.

Avec sa saison 3 inédite, dans laquelle l’un des personnages principaux est absent, The Night Agent a encore touché les abonnés de Netflix ! Si Netflix n’a pas encore annoncé officiellement une saison 4 pour la série, celle-ci semble plutôt bien partie. Le succès de la série d’espionnage américaine a de quoi réjouir Matthew Quirck, l’auteur du roman Une affaire personnelle (éd. Presses de la cité) sur laquelle elle est basée. Si elle s’en est assez vite éloignée, Matthew Quirk la suit bien sûr de près et il n’exclut d’ailleurs pas d’écrire un jour la suite de son livre. Le romancier se confie en exclusivité à Télé-Loisirs à propos du succès de la série, dans laquelle il a fait une petite apparition, lui qui ne recule devant rien pour apporter du réalisme à ses œuvres.

L’auteur Matthew Quirk est-il impliqué dans la série The Night Agent, adaptée de son roman ?

Télé-Loisirs : Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris que votre roman allait être adapté en série sur Netflix ?

Matthew Quirk : Cela faisait un moment que le livre tournait à Hollywood. Mon agent l’a donné à la société de production de James Vanderbilt, qui a écrit le scénario de White House Down. Ils ont donc mis une option sur les droits et l’ont transmis à Shawn Ryan, qui a créé la série The Shield. Il en a parlé à plusieurs diffuseurs potentiels, mais c’est finalement Netflix qui a commandé la série. J’ai eu de la chance car plusieurs de mes romans avaient failli être adaptés au fil des années, mais cela n’avait pas abouti. Ces productions sont coûteuses. Donc, quand mon agent m’a dit que ça allait se faire, j’ai dit que j’y croirai quand je le verrai. Et puis, un jour, quelqu’un m’a envoyé une vidéo d’une course-poursuite en voiture, en sens inverse sur un pont à Vancouver et c’était le tournage de The Night Agent ! Rien que ça, ça aurait suffi à me rendre heureux.

Lors de sa sortie en 2023, la série a tout de suite été un succès…

J’étais en pleine tempête quand la série est sortie et j’ai reçu un message de mon frère pour me dire que c’était la série numéro 1 dans le monde ! C’est comme si j’avais été frappé deux fois par la foudre. Ça a vraiment été une expérience géniale. En général, on avertit les auteurs de se méfier avec Hollywood, qu’on ne nous traite pas forcément bien, mais tout le monde a été adorable avec moi.

Vous êtes crédité comme producteur au générique. Quelle est votre implication dans la série ?

Shawn Ryan m’a envoyé le pilote et nous avons parlé des personnages. Mais c’est à peu près tout, je ne suis pas impliqué créativement dans la série. Je me rends à chaque saison sur le tournage et je discute avec les scénaristes. Ils me laissent venir voir comment ça se passe. Ils ont fait un super travail pour adapter un livre et développer tout un univers autour. Shawn est une légende en matière de séries et j’étais très fan de son travail, donc ça a été facile de lui laisser la barre car je savais que mon livre était dans de très bonnes mains. Et quand j’ai vu le résultats, j’ai su qu’il avait un très bon instinct.

Vous avez aussi fait de la figuration dans un épisode…

Oui, j’ai pu faire une petite apparition dans une scène de bar, dans la saison 2. J’étais un peu nerveux mais une fois que le réalisateur, Adam Arkin, dont j’étais fan depuis mon enfance à cause de la série Northern Exposure, a vu que je ne m’en sortais pas trop mal, il m’a mis de plus en plus dans le cadre. Au final, on me voit en train de parler et de boire derrière les personnages principaux.

"J’espère que ça va continuer pendant encore longtemps", confie le romancier Matthew Quirk à propos de la série The Night Agent

Pour vous, la série et le livre sont-ils deux objets différents ?

Oui, pour moi, le livre et la série sont deux objets différents. Shawn travaillait sur une histoire à propos des services secrets quand il a découvert mon livre. En le lisant, il a donc eu l’idée de combiner ces deux univers en une série. Le début de la série est donc assez fidèle au roman. C’est excitant pour moi qui ai grandi avec les séries et les films, c’est un grand frisson de voir mon livre traduit à l’écran, de voir Peter et Rose prendre vie. Et puis, la série prend assez vite une direction différente, ce qui me plaît car je suis dans la même position que les spectateurs. À chaque saison, je ne sais pas à quoi m’attendre Et certaines de mes parties préférées de la série ne font pas partie du roman, comme le personnage de Chelsea. Pour moi, ce sont deux histoires différentes ou parallèles. Et peut-être qu’un jour je reprendre le livre pour développer d’autres histoires que j’ai en tête, dans une suite. Pour le moment, j’ai été occupé avec des romans indépendants des uns des autres. En tout cas, c’est agréable de voir comment mon travail est perçu, surtout depuis la série The Night Agent. Peut-être que la prochaine fois, j’aimerais participer un peu plus aux prochains projets.

Quel futur imaginez-vous pour la série The Night Agent ?

Je l’imagine durer pour de nombreuses saisons, car ça peut partir dans plein de directions. C’est devenu un univers à part entière, The Night Action, avec de nouveaux personnages et agents. Il y a tout un monde qui peut être développé, donc j’espère que ça va continuer pendant encore longtemps parce que j’adore la série. Je la regarde comme toutes les séries que j’aime et que j’ai hâte de retrouver.

Le romancier Matthew Quirk raconte l’histoire vraie qui a donné lieu à la série The Night Agent

Vous avez déclaré que vous vous étiez inspiré d’une histoire vraie pour écrire votre roman. Pouvez-vous nous en dire plus ?

A l’époque, j’étais journaliste à Washington D.C. et je me suis inspiré de deux personnes. Nous étions dans la vingtaine et l’un de mes amis travaillait au FBI, mais personne ne savait ce qu’il faisait. Tous les soirs, il disparaissait à 21h pour aller travailler. C’est tout ce que je savais. Influencé par les séries d’espionnage, j’ai donc imaginer qu’il faisait quelque chose de cool et secret. En creusant, j’ai appris qu’il y avait des officiers de garde la nuit en cas d’urgence, qui pouvaient se retrouver, même juniors, à briefer le président. Et quand j’ai parlé plus tard à mon ami, lorsqu’il a pu parler de ce qu’il faisait à l’époque, c’était un travail similaire. Pour moi, c’était fascinant. Et puis, j’ai rencontré le père d’un ami, qui avait un poste haut placé à la CIA. Il était à la retraite et il m’a raconté la traque d’une célèbre taupe du FBI, Robert Hanssen.

Quand on regarde ce genre de séries, on a tendance à se dire que c’est trop gros pour être vrai. Mais quand on voit l’actualité, on se dit qu’elles sont finalement peut-être en deçà de la réalité ?

Quand j’ai commencé à écrire mes livres, ce que j’écrivais dépassait la réalité. Mais aujourd’hui, je pense que la politique est devenue de plus en plus folle et je vois des choses que j’écris dans les journaux quelques jours plus tard. Cela me brise un peu le cœur de lire dans l’actualité des choses qu’on aimerait ne voir que dans les thrillers. Avant, j’écrivais pour offrir un peu d’évasion aux gens, aujourd’hui, j’essaye de donner un élément d’espoir, en montrant des héros avec des valeurs.

Et vous allez parfois loin pour apporter du réalisme à vos romans, comme vous faire kidnapper… Racontez-nous !

J’étais journaliste quand j’ai commencé à écrire des romans, à propos de voleurs. Je voulais savoir quelles étaient les vraies méthodes utilisées. J’ai découvert les experts en sécurité. Et puis, on m’a proposé de suivre un cours de survie et d’évasion à Los Angeles. On vous kidnappe, vous devez défaire vos menottes alors que vos mains tremblent… C’était une bonne expérience, de ressentir cette peur, pour ne pas perdre ça de vue quand on écrit du confort de son bureau.

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