La FIFPro, syndicat des footballeurs professionnels, a décidé de mettre en lumière une affaire d’abus sexuels dans le football tchèque. L’instance évoque dans un communiqué publié ce mardi la condamnation de Petr Vlachovsky, ancien entraîneur de l’équipe nationale féminine des moins de 19 ans.
L’homme de 43 ans a été arrêté en septembre 2023 après la découverte par la police d’une vidéo en ligne à caractère sexuelle. Alors qu’il entraînait le FC Slovacko, Petr Vlachovsky s’est permis de filmer en secret dans les vestiaires et les douches de ses joueuses. Au total, pas moins de quatorze femmes, dont la plus jeune avait 17 ans, ont été enregistrées pendant quatre ans par une mini-caméra dissimulée dans un sac à dos. Des contenus à caractère pédopornographique ont également été retrouvés en sa possession.
« Certaines de mes coéquipières ont commencé à s’inquiéter d’être observées, même par la fenêtre. Elles avaient du mal à dormir, certaines filles vomissaient », avait détaillé le mois dernier Kristyna Janku, joueuse de Slovacko au média local Seznam Zpravy.
Seulement un an de prison avec sursis
« Où que j’aille, que ce soit dans une salle de sport ou ailleurs, une alarme se déclenchait dans ma tête et je vérifiais constamment s’il y avait une caméra. J’ai aussi commencé à avoir des problèmes avec mon image corporelle. J’éprouvais un certain dégoût », avait abondé son ancienne coéquipière Alena Peckova.
Si la FIFPro a choisi d’exposer cette affaire aujourd’hui, c’est car la justice tchèque a décidé, en mai 2025, de juger l’homme sans passer par une audience publique et de le condamner à une peine d’un an avec sursis et trois ans de mise à l’épreuve ainsi qu’une interdiction d’entraîner de cinq ans en République tchèque. Une ordonnance pénale ayant été prononcée, les victimes n’ont pas eu le droit de faire appel selon la loi du pays.
« Une farce » pour Kristyna Janku qui indique avoir été prévenue à l’époque qu’il ne fallait pas s’attendre à grand-chose, « car la pornographie infantile et les abus sexuels ne sont pas considérés comme des crimes graves » dans la législation tchèque.
Outre la sanction pénale pour laquelle les instances de football ne peuvent pas véritablement agir, la FIFPro appelle la Fédération tchèque à imposer une suspension à vie de toute activité footballistique à Petr Vlachovsky, qui pourrait en principe retrouver un poste dès 2030. Le syndicat demande également à la Fifa d’étendre cette interdiction à l’échelle mondiale… Affaire à suivre.



