Il y aura bien une grande finale contre l’Angleterre, le 17 mai prochain à Bordeaux. Car sans vouloir manquer de respect aux Écossaises, qui se dresseront sur leur chemin huit jours plus tôt, le seul véritable obstacle dans la course vers ce sommet tant attendu était habillé en vert. Et les Irlandaises, pourtant longtemps dominatrices, ont fini par plier face à ce XV de France qui sait se faire patient. À Clermont-Ferrand ce samedi soir, lors de la troisième journée du Tournoi des Six Nations, les joueuses de François Ratier se sont imposées devant le XV du Trèfle (26-7) après des succès face à l’Italie (40-7) et au pays de Galles (7-38).
Une leçon de réalisme. Les Bleues n’ont pas beaucoup vu le jour en première période. Et pourtant, elles ont atteint la pause sur un score de parité (7-7). Les vagues vertes ont emporté les remparts tricolores mais elles se sont brisées, presque invariablement sur un dernier obstacle. Trois essais refusés ont empêché les Irlandaises de prendre le large. Un mouvement de trop au sol, une main adverse sous un ballon, une maladresse derrière un maul victorieux… Les imprécisions des joueuses du Trèfle ont permis à Pauline Bourdon-Sansus, très active, et ses coéquipières de rester dans le match. Elles ont encaissé tout de même un essai en force de la talonneuse Moloney (11e), un moindre mal face à, un adversaire entré dans la partie à cent à l’heure, et dominateur dans tous les secteurs du jeu.
La réponse piquante des Bleues
La réponse des joueuses de François Ratier a été piquante. Une seule incursion véritablement dangereuse, et elles ont propulsé, en force également, la deuxième ligne Ambre Mwayembe dans l’en-but. Une main irlandaise sous le ballon n’a pas été vue par les arbitres, et les Bleues ont donc égalisé (16e) avant de subir à nouveau.
Rien à voir cependant avec les débuts poussifs de leurs deux premiers matchs du Tournoi remportés face aux Italiennes (40-7) puis au pays de Galles (7-38). Les Bleues avaient bafouillé leur rugby avant de prendre leur envol. Cette fois, elles ont simplement été dépassées par le rythme et l’intensité des Irlandaises.
Rebelote en début de seconde période. La balle pour les Vertes. Les plaquages pour les Bleues. Et des contres sur des ballons perdus ou grattés, notamment par la troisième ligne Charlotte Escudero, entrée en jeu à la mi-temps. Dans un stade Marcel-Michelin comble et chauffé à blanc, l’ouvreuse Carla Arbez a trouvé la faille, éliminant la défense irlandaise sur deux crochets après un beau travail de ses avants (50e, 14-7).
Dans la tempête, les Bleues savent faire le dos rond et rester efficaces. Et quand l’occasion se présente, elles ne la ratent pas. Elle s’est présentée à douze minutes de la fin. Un ballon récupéré, un raid de Charlotte Escudero sur l’aile gauche, un jeu qui rebondit sur l’aile droite et Anaïs Grando, décalée, file derrière la ligne (68e, 19-7). Les Irlandaises à genoux, ont même encaissé un ultime essai de Léa Champon (80e), synonyme de bonus offensif.




