La montagne a accouché d’une souris. Poursuivi en diffamation par Pierre Cadéac, dresseur animalier pour le cinéma basé à Villemer (Seine-et-Marne), le journaliste de France Télévisions Hugo Clément a été relaxé ce lundi 2 mars par le tribunal correctionnel de Fontainebleau (Seine-et-Marne).
« Les propos proférés se basent sur une enquête s’appuyant sur des bases suffisantes », justifie le président de l’audience, Jacques Montacié.
« On n’a jamais perdu un procès en diffamation »
Dans une chronique du 30 novembre 2022 dans l’émission « En toute subjectivité » diffusée sur France Inter, le journaliste évoquait l’enquête parue la veille sur Vakita, un média qu’il a lui-même fondé.
Témoignages à la clé, ses équipes rendaient compte des méthodes musclées et de cas supposés de maltraitance des animaux par le dresseur. Ces journalistes rebondissaient ainsi à une vidéo publiée en avril 2022 par l’association Projet Animaux Zoopolis (PAZ). On y voyait Pierre Cadéac frapper d’un coup de poing un pygargue à tête blanche.
Les images tournées à l’origine par une stagiaire avaient généré une grosse polémique sur les réseaux sociaux. La plainte déposée par PAZ avait été classée sans suite alors que Pierre Cadéac disait regretter « une vidéo sortie de son contexte » expliquant que l’animal l’avait attaqué juste avant ce geste.
Lors de l’audience du 19 janvier à Fontainebleau, une quinzaine d’anciens collaborateurs du dresseur, ainsi qu’un expert animalier, se sont succédé à la barre pour livrer leur témoignage. Pas de quoi ébranler Pierre Cadéac. Il a contesté en bloc ces accusations. Et rappelé que l’enquête administrative menée via une visite de la direction départementale de protection des populations (DDPP) chez lui n’a pas démontré la maltraitance. Le dresseur qui compte plus de 250 animaux sur son site animalier s’estime ainsi blanchi.
Vous vous souvenez du dresseur Pierre Cadeac, filmé entrain de frapper l’un de ses aigles ?
Il m’avait attaqué en diffamation en 2022, suite à une enquête que nous avions publié sur @vakitamedia, dans laquelle plusieurs de ses anciens employés l’accusaient de graves… pic.twitter.com/M9iIuEBhUB
Par son délibéré, le tribunal correctionnel de Fontainebleau semble percevoir les choses autrement. « On ne s’exprime jamais avant une audience en justice. Maintenant on va relayer sur Vakita cette décision du tribunal pour informer notre audience, se réjouit Hugo Clément joint par téléphone. Jusqu’à présent on n’a jamais perdu aucun procès en diffamation ».




