Il n’y a pas d’âge pour s’engager : des éco-ambassadeurs au lycée

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Le flambeau se transmet depuis 10 ans, au lycée Paul Émile Victor d’Avrillé (Maine et Loire). Chaque année, plusieurs élèves du CAP Équipier polyvalent du commerce s’impliquent dans l’association Éco-Ambassadeur, qui les fait passer tour à tour des plages à leur boutique associative.

Tout commence sur la côte atlantique. « Chez nous, il n’y a pas la mer, admet Mathéo, l’un des participants de cette année. Mais elle n’est pas si loin. L’idée est de ramasser le maximum de déchets sur la plage dans la journée, et il y en a ! » Derrière ces résidus, l’équipe pédagogique du CAP a de la suite dans les idées. Ils sont ensuite triés et comptabilisés, et les résultats envoyés à Bordeaux, au siège de la Surfrider Foundation, acteur historique de la lutte contre la pollution marine.

« Dans le même temps, nous recueillons tout ce qui peut servir à créer des objets, que nous vendons ensuite dans notre boutique au lycée, sur internet ou sur les marchés », poursuit Mathys, autre élève de la classe.

Ramasser, trier, imaginer…

Lors de trois journées de ramassage, ils découvrent, atterrés, les « souvenirs » que les gens ont laissés dans le sable. Ils récupèrent aussi d’autres choses auprès d’entre prises de la région : chutes de cuir, poteries destinées à être jetées, etc. « À l’origine du projet en 2016, nous avions l’objectif de lutter contre le décrochage, tout en sensibilisant ces jeunes aux questions écologiques », relate Erwan Mandin, leur professeur principal.

Très vite, les bienfaits sont apparus, en termes pédagogiques comme d’inclusion (le CAP comptant plusieurs élèves en situation de handicap). « Depuis quelques années, nous avons 100 % de réussite au diplôme et des élèves hyper impliqués. Même pour nous, professeurs, cela devient compliqué de faire des cours “normaux” », sourit Erwan Mandin.

… et voyager !

La troisième journée est l’occasion d’un voyage. D’habitude, le groupe allait aux Açores, au large du Portugal. Endroit tristement connu comme haut lieu de pollution côtière (car situé au carrefour de trois courants océaniques). Mais aussi, plus réjouissant, un lieu privilégié pour admirer les baleines.

Mais cette fois-ci, rien ne s’est passé comme prévu. « L’avion avait un problème à l’aile gauche et perdait du carburant. Il a commencé à descendre en piqué. C’était chaud ! » Un demi tour d’urgence et les voici à Lisbonne. Que faire ? « L’un de nos partenaires nous a proposé de rejoindre Faro, au sud du pays », souffle le prof principal.

Là-bas, sans doute pour remercier ces jeunes des soins prodigués, la planète a cru bon d’ajouter son grain de sel : « Nous n’avons pas vu une, mais des dizaines de baleines ! », s’exclame Mathéo. « Avec des dauphins », complète Mathys.

Fiers de leur boutique

De retour à Avrillé, il s’agit de fabriquer de beaux produits et les vendre. « C’est plus facile avec ces objets qu’on a faits nous-mêmes, parce qu’ils ont une vraie histoire », juge Klade, en montrant une petite poterie aux tons pastel, malformée (selon le potier qui la voyait déjà à la poubelle) mais rendue jolie par les mains d’Éco-Ambassadeur.

Derrière lui : des sacs et portefeuilles en cuir, un coin alimentaire avec des produits régionaux, un autre dédié aux bijoux, des tasses personnalisables… « Avant les fêtes, certains clients viennent avec toute une liste de cadeaux à faire à leurs proches », poursuit-il. D’ici la fin de l’année, leur mission sera d’expliquer aux plus jeunes le fonctionnement de l’association, pour que la belle aventure se prolonge. Eux auront – on croise les doigts – obtenu leur CAP.

Comptent ils continuer à s’en gager dans des actions pour l’environnement ou d’autres combats ? « Oui », répond Mathys. « Je pense aussi », acquiesce Mathéo. « Moi, c’est sûr », tranche Klade. Avant ça, victorieux des Trophées ACT, un concours organisé par l’ESSEC et CY Université – et dont Le Parisien Étudiant est partenaire –, ils vont surtout savourer la reconnaissance de leurs efforts et leur travail pour le bien de la planète.

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