C’est un mal profond qui gangrène et infecte le monde du sport et du tennis en particulier. Le cyberharcèlement subi par les joueurs et les joueuses de la part de parieurs frustrés et anonymes est devenu une triste réalité sur les circuits de tennis, quel que soit le niveau.
Dernier exemple en date celui de l’Italienne Lucrezia Stefanini. L’actuelle 138e mondiale, battue en trois sets mardi au premier tour des qualifications du tournoi américain d’Indian Wells, a publié dans la foulée du match une vidéo sur son compte Instagram où elle livre un témoignage glaçant.
« Avant le match, j’ai reçu un message WhatsApp me menaçant si je ne perdais pas le match, explique l’Italienne dans la vidéo. Ils m’ont menacée, moi et ma famille. Ils m’ont envoyé la photo d’une arme à feu, et ils ont même écrit les noms de mes parents et mon lieu de naissance. C’est très grave. »
« Je fais cette vidéo et je partage cette histoire parce que je trouve inadmissible de me mettre cette pression avant un match et de me faire me sentir en danger », poursuit la jeune femme de 27 ans, ex-numéro 99 mondiale.
« Je n’arrive pas à croire que ce sport en soit arrivé là »
Lucrezia Stefanini a également annoncé avoir prévenu les responsables du tournoi d’Indian Wells et la WTA, l’instance qui gère les compétitions féminines, qui a décidé de renforcer la sécurité autour des joueuses.
« Tout le monde a été adorable, assure-t-elle. La WTA m’a fait ramener ma voiture après mon match et a été très attentive à mes besoins. Tout le tournoi s’est mobilisé pour assurer ma sécurité. »
Malgré la pression et les menaces dont elle a été la cible, Stefanini avait malgré tout tenu à jouer son match par « passion ». « Je me suis battue jusqu’au bout pour gagner mon match car je ne peux pas me permettre d’être intimidée ou influencée par mon travail, affirme l’Italienne. Je pense que c’est un métier, mais c’est aussi un plaisir, une expérience enrichissante, c’est notre passion, et je n’arrive pas à croire que ce sport en soit arrivé là. »
Régulièrement des joueurs et joueuses publient sur leurs réseaux sociaux les témoignages de menaces dont ils sont victimes pour tenter de faire bouger les choses. En vain jusqu’à présent.



