« Ils utilisent Mythos, cette cyber arme » : sur fond de dégel, le patron d’Anthropic reçu à la Maison-Blanche

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Entre Anthropic et l’administration américaine, le dégel après la tempête ? Le patron d’Anthropic Dario Amodei a été reçu vendredi à la Maison Blanche, qui a évoqué une rencontre « productive et constructive ». La formulation tranche avec le ton offensif employé par l’administration Trump depuis le clash entre le Pentagone et la start-up d’intelligence artificielle (IA).

Selon plusieurs médias américains, le dirigeant a eu un entretien avec la directrice de cabinet de Donald Trump, Susie Wiles, et le ministre des Finances, Scott Bessent. La Maison-Blanche évoque des discussions portant sur des « opportunités de collaboration, ainsi que d’approches et protocoles communs pour répondre aux défis du déploiement de cette technologie », espérant « poursuivre ce dialogue ».

Anthropic a également qualifié de « productive » la réunion de vendredi à la Maison Blanche, lors de laquelle les deux parties ont réfléchi à la façon dont elles « (pouvaient) travailler ensemble ».

Bras de fer avec le gouvernement

Les termes utilisés tranchent avec la communication du président américain qui avait qualifié, fin février, l’entreprise californienne de « woke », ordonnant à tous les ministères et agences de son gouvernement de mettre immédiatement fin aux contrats de prestation qui les liaient avec Anthropic, société aux valeurs proches de la « gauche radicale », selon le chef de l’État.

Anthropic a depuis contesté en justice cette décision, ainsi que celle, prise par le ministre de la Défense Pete Hegseth, de faire inscrire le groupe sur la liste des entreprises présentant un « risque pour la sécurité nationale ». Fin janvier, un tribunal fédéral de San Francisco a suspendu ces deux mesures, alors que les deux dossiers doivent chacun être encore examinés sur le fond.

L’offensive de la Maison-Blanche a été déclenchée en mars après qu’Anthropic a émis des réserves sur l’usage de sa technologie par le Pentagone, l’entreprise refusant que sa technologie soit utilisée pour la surveillance de masse ou pour des armes autonomes.

Mythos au centre de l’attention

Depuis, le divorce entre les deux parties semble avoir laissé des traces à la Maison-Blanche. « Tout le monde se plaint. C’est un vrai feuilleton. Du coup, on a demandé à Susie (Wiles) d’écouter Dario (Amodei), de déterminer ce qui ne va pas et de commencer à élaborer une stratégie », a déclaré un conseiller de Trump à Axios. Pendant la réunion, le gouvernement aurait clairement fait part de son besoin de travailler avec Anthropic.

Au cœur de ce premier pas vers l’apaisement se trouve Mythos, le nouveau modèle d’IA d’Anthropic, qui aura la capacité de rendre les cyberattaques complexes bien plus faciles à exécuter. Une crainte importante pour les acteurs du système financier américain, et un potentiel atout pour les agences gouvernementales et les entreprises qui aimeraient renforcer leur cyberdéfense.

La jeune société a annoncé, début avril, le report de la sortie de Mythos, estimant nécessaire de combler d’abord des milliers de failles informatiques que l’interface avait identifiées. Il collabore, pour ce faire, avec plusieurs parties prenantes, sociétés de cybersécurité, d’informatique à distance (cloud) et d’autres grandes entreprises. À cette occasion, Anthropic a aussi contacté le gouvernement américain pour lui faire part de sa démarche.

Le Pentagone exclu

Dans ce sens, plusieurs agences américaines ont discrètement contourné l’interdiction de Trump de collaborer avec la start-up, indique le média américain Politico. Le département du Trésor, de même que le Centre pour les normes et l’innovation en IA du département du Commerce ont publiquement fait part de leur volonté d’accéder à Mythos.

« Toutes les agences, à l’exception du (Département de) la Guerre, veulent » utiliser Anthropic, indique un responsable américain à Axios. De quoi faire pester, à la Maison-Blanche, les plus fervents détracteurs de la start-up : « Ils utilisent Mythos, leur cyber arme, pour se faire bien voir du gouvernement. Et ils y parviennent », s’agace un autre responsable.

Même au Pentagone, plusieurs ingénieurs feraient pression pour continuer à travailler avec Anthropic. Toutefois, d’après le New York Times, si un accord est bien trouvé, le ministère de la Défense devrait en être exclu.

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