Le prodige français a fait parler tout son talent. Paul Seixas a remporté la Flèche Wallonne pour sa première participation, en s’imposant ce mercredi devant le Suisse Mauro Schmid en haut du Mur de Huy. À 19 ans, le coureur de l’équipe Decathlon CMA CGM devient le plus jeune vainqueur de l’histoire de la classique belge. Le Lyonnais s’est exprimé en conférence de presse après sa victoire.
Avez-vous respecté le plan mis en place avant la course ?
Honnêtement, on avait un plan bien différent ce matin. Mais on ne peut pas toujours exécuter un plan à la perfection, surtout sur une course où le placement est vraiment chaotique. Les gars ont vraiment fait un gros travail pour me placer. La preuve, j’ai un rayon pété en haut de la bosse. Les gars ont vraiment fait un gros travail pour me placer. Jordan (Labrosse) a réussi à faire son travail à merveille. Après, les autres ont malheureusement été pris dans la boule. Donc, je me suis un peu débrouillé seul. Au final, je l’ai fait au feeling. J’ai jaugé mes adversaires et j’ai fait vraiment mon effort à 300 mètres de la ligne.
Comment votre blessure au coude est-elle arrivée ?
Il n’y a pas eu de chute. Cela vient d’anciennes blessures. Ça a frotté dans le peloton, et ça s’est rouvert à cause d’un petit accrochage. Ce n’est rien du tout.
Vous rendez-vous compte de la portée de ce succès ?
On va dire que je ne me rends pas tout à fait compte. Je suis vraiment déjà focalisé sur Liège, les objectifs s’enchaînent et il faut rester concentré. C’est pour ça que je reste pragmatique, il me reste un objectif à atteindre avec l’équipe et je suis juste hyper content de ce qu’on a fait aujourd’hui. C’est une belle victoire, bien méritée pour l’équipe.
Vous êtes le plus jeune vainqueur de la Flèche Wallonne. Qu’est-ce que ça vous inspire ?
Honnêtement, ça ne m’intéresse pas. Je me concentre sur ce que j’ai à faire. Je suis leader de l’équipe. Peu importe mon âge, si j’arrive sur une course, c’est pour essayer de la gagner. Aujourd’hui j’avais les capacités de le faire, je l’ai fait. L’équipe a vraiment tout mis en place pour que je gagne. Le plus important, c’est de gagner peu importe l’âge que tu as. Pas forcément les statistiques derrière, même si c’est sympa.
Est-ce que vous vous surprenez ?
Bien sûr, je me suis surpris dans le Mur. Je ne savais pas trop comment allaient être les sensations sur un type d’effort qui est différent de ce que j’ai l’habitude de faire. C’est une belle surprise, une très belle surprise. Mais j’avais quand même quelques repères grâce aux efforts plus courts lors du Championnat d’Europe en Ardèche et au Val d’Enfer l’année dernière.
Vous allez aborder Liège avec encore plus de confiance…
C’est sûr que ça met un peu en confiance. Après, ce sera une course totalement différente avec d’autres adversaires très forts qui n’étaient pas là aujourd’hui. Chaque course est différente et il faudra encore une fois faire une très belle performance pour être devant.
Que connaissez-vous de cette course ?
Je l’ai fait en junior, donc forcément je connais un peu les différentes ascensions. Même si on n’avait pas tout fait, on s’est arrêté au milieu de La Redoute, et on ne partait forcément pas du même endroit. Donc c’est sûr que ce sera très différent, mais je connais un peu mieux Liège que la Flèche, que je ne connaissais vraiment pas.
Est-ce plus facile de gagner lorsque Tadej Pogacar n’est pas là ?
C’est toujours difficile ! Il n’y a pas que Pogacar. On ne se rend pas compte mais le niveau World Tour est très dense. Forcément, depuis son canapé ou devant sa télé, on se dit : ah ouais c’est facile, quand il n’y a pas Pogi. Mais non, chaque victoire est difficile, il faut aller jusqu’au plus loin de soi-même pour aller les chercher. Je réalise un super début de saison avec beaucoup de victoires. Mais il faut se dire qu’il y a toute une équipe derrière qui travaille, les directeurs sportifs et tout le staff s’emploient à 200 % pour qu’on ait une stratégie la plus parfaite possible. On a des vidéos, des reconnaissances… Ça se joue sur ces détails-là, ce n’est pas seulement mettre de la puissance à la fin et faire péter tout le monde parce qu’on est plus fort. Ça ne se passe pas comme ça.
Vous ne serez pas favori dimanche à Liège. Qu’est-ce que cela change dans votre approche de la course ?
C’est sûr que ça va être différent. L’approche de la course est forcément différente du fait que le parcours est différent. Il y aura au départ des coureurs comme Tadej Pogacar, qui dominent ce type de course. Forcément, on va devoir s’adapter différemment.




