Pour son documentaire Pourquoi t'as pas d'enfants ?, co-réalisé avec la journaliste Chloé Garrel, Enora Malagré s'intéresse aux femmes qui n'ont pas pu être mères ou celles qui n'ont jamais voulu l'être. Mireille Dumas, qui n'a jamais ressenti ce désir, témoigne par ailleurs de l'avortement extrêmement douloureux qu'elle a subi alors qu'elle était étudiante.
Pendant très longtemps, Mireille Dumas s'est spécialisée dans l'entretien intimes d'anonymes et de personnalités sur des sujets sociétaux et souvent tabous. C'était d'abord le cas dans Bas les masques, émission diffusée entre 1992 et 1996 dont elle a très mal vécu l'arrêt brutal, tout comme celui de Vie privée, vie publique quinze ans plus tard. Aujourd'hui, celle qui continue à produire et réaliser des documentaires avec sa société de production se livre parfois sur son parcours, regrettant par exemple le manque de solidarité féminine au cours de sa carrière, ou sur sa vie privée. Privilégiant les liens du cœur à ceux du sang, elle a toujours assumé ne pas vouloir être mère. C'est justement le sujet du documentaire d'Enora Malagré et Chloé Garrel (diffusé ce mardi 3 mars à 21h10 sur France 5). Dans Pourquoi t'as pas d'enfants ?, la chroniqueuse du Magazine de la santé rencontre donc Mireille Dumas.
"J'ai avorté quand j'étais très jeune" : Mireille Dumas se livre face à Enora Malagré dans le documentaire Pourquoi t'as pas d'enfants ?
Depuis plus de 40 ans, Mireille Dumas partage sa vie avec Dominique Colonna, réalisateur d'émissions de télévision et de documentaires. Quand elle l'a rencontré, il avait déjà un jeune fils, qu'elle a élevé comme le sien. "Ce petit garçon avait 4 ans. Il a vécu avec nous pendant très très longtemps, jusqu’à sa disparition par accident. J’avais l’impression d’être mère", raconte-t-elle à Enora Malagré. Pourtant, elle n'a jamais eu le désir de devenir maman : "Je n’ai pas le sentiment de propriété. Cet enfant, je l’ai aimé tel qu’il était, avec ses problèmes, parce qu’il avait des problèmes psychologiques. Je pense que je lui ai donné tout l’amour que j’avais à donner, sans ressentir la nécessité d’avoir mon enfant : ni de le porter, avec ce sentiment dans sa chair dont beaucoup de femmes parlent, ni l’envie de me prolonger, de me retrouver dans un être. Je déteste les possessifs : 'mon enfant, mon mari', je trouve ça épouvantable. Je comprends 'mon chien, ma voiture', mais sinon franchement j’ai beaucoup de mal. Donc j’ai aimé cet enfant comme s’il était le mien. Je n’avais absolument aucun problème, et je n’ai jamais eu aucun problème à ce que ce ne soit pas mes gènes".
Mireille Dumas : "Je n’ai pas de souvenir d’avoir eu envie d’être enceinte"
Mireille Dumas explique ce choix de vie vient par sa maman et la façon dont elle l'a élevée : "Je n’ai pas de souvenir d’avoir eu envie d’être enceinte. Pas du tout. Je pense que ça vient de ma mère. C’est pour ça que j’en parle. Je pense que souterrainement, je l’ai beaucoup entendu. C’est un discours qui est entré en moi puisqu’elle avait eu des enfants qu’elle ne voulait pas spécialement. Je l’ai toujours entendue dire ça. Elle le disait sans se plaindre et surtout sans nous reprocher quoi que ce soit. Mais je l’ai toujours entendue dire qu’elle avait aimé ses enfants quand ils étaient là". Si sa maman a toujours "donné de l'amour" à Mireille Dumas et ses frères et sœurs, elle n'a "jamais parlé de la maternité comme d’un truc extraordinaire". Et l'ancienne présentatrice de La Vie à l'endroit de préciser : "Ma mère a éduqué ses garçons et ses filles de la même façon. Comme j'ai perdu mon père très tôt - j’avais trois ans et demi, j’ai eu l’exemple d’une femme qui conduisait et menait sa vie seule. C’est très important. Elle était non seulement ma mère mais mon institutrice, qui a m’a donné cette colonne vertébrale et m’a aussi inculqué plein de choses à mon insu".
Mireille Dumas se livre sur son avortement "d'une grande violence"
De même qu'elle plaide pour une fin de vie dans la dignité, Mireille Dumas s'est toujours engagée publiquement pour le droit à l'avortement. Elle n'avait en revanche jamais révélé avoir elle-même subi avortement dans les années 1970. "J’ai avorté quand j’étais très jeune. J’étais étudiante. Je ne me voyais pas du tout mère. Je n’étais pas prête du tout. La pilule était assez approximative, moins efficace. J’ai subi ça, ce n’était pas évident. On faisait tout pour que vous vous en rappeliez. Il n’y avait pas vraiment d’anesthésie, et ça faisait très très très mal", se souvient-elle dans le documentaire Pourquoi t'as pas d'enfants ?.
Elle poursuit : "On ne m’a pas dit des choses épouvantables comme j’ai entendu parfois du type 'tu n’avais qu’à bien te tenir…'. Mais on m’a fait comprendre que c’était comme ça, que je n’avais qu’à faire attention. Ça avait été d’une grande brutalité, d’une grande violence". Et Mireille Dumas de se remérorer la fin de cet avortement très douloureux : "Je suis sortie, je m’en souviens, pliée en deux, en ayant très mal au ventre. Je suis restée allongée une heure et après j’étais dans la rue. C’était très très dur".
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Journaliste grand amoureux du cinéma et de la musique, je suis un enfant de Jurassic Park et d’Un jour sans fin. Thrillers, horreur, science-fiction, ou comédies romantiques sont mon dada. Quand je ne regarde pas Harry Potter pour la énième fois, je me rêve dans les bottes d’un des Sept mercenaires ou à manier le sabre laser sur Tatooine en écoutant Coldplay.
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