Récompensé par quatre César, dont celui du meilleur film, Jusqu’à la garde reste un modèle de drame social, conçu comme un impitoyable thriller. Marquant. Le film est diffusé mercredi 4 mars 2026 à 21h sur Arte.
Près de dix ans après sa sortie en salles, Jusqu’à la garde, avec les excellents Léa Drucker et Denis Ménochet, conserve toute sa force. D’une part parce que le sujet des violences familiales est hélas toujours tristement d’actualité. De l’autre parce que Xavier Legrand, qui signait là son premier long-métrage, a immédiatement su trouver le ton et le style de mise en scène les plus justes pour évoquer par la fiction ce sujet de société. À l'occasion de la diffusion du film, ce mercredi 4 mars 2026 à 21h sur Arte, je vous explique pourquoi je ne me suis toujours pas remis de ce film aussi réaliste qu'oppressant, autant de temps après sa sortie... Et pourquoi je vous conseille de le voir ou de le revoir pour son passage à la télé.
Jusqu'à la garde : Une atmosphère de thriller, prenante de bout en bout
D'abord, soulignons que le cinéaste Xavier Legrand choisit le parti-pris de rester totalement réaliste, tant dans le traitement des situations vécues que dans la psychologie de ses personnages, ce qui ne l’empêche pas de tourner ce terrible drame familial comme un véritable thriller. Sa réalisation, aussi sobre que fidèle, alimente une tension permanente, qui fait de chaque scène un mini-film de suspense. Évidemment, ce travail est intimement lié à celui de ses comédiens. Léa Drucker et Denis Ménochet reprennent les personnages qu’ils avaient créés dans le court-métrage Avant que de tout perdre (nommé aux Oscars et récipiendaire d’un César), donnant une nouvelle ampleur à leurs destins.
Léa Drucker bouleverse face à un terrifiant Denis Ménochet
Justement récompensée d’un César (Jusqu’à la garde en récoltera quatre, dont celui du meilleur film), Léa Drucker (qui a récemment reçu un autre César pour son rôle dans Dossier 137) campe une mère divorcée persécutée par son ex-mari. Tenant là un de ses meilleurs rôles, la comédienne passe par une large palette d’émotions, de la terreur à la détermination, en passant par le désarroi face à une situation qui paraît absolument inextricable. En face, Denis Ménochet embrasse la complexité d’un personnage souvent terrifiant, une sorte d'ogre moderne, dont la vulnérabilité peut surgir au détour d’une scène. Entre les deux, le formidable Thomas Gioria met toute sa sensibilité dans le personnage du jeune Julien, écrasé par une situation qui le dépasse. Et cette richesse des personnages, loin d’entraver le récit, donne encore plus de force et de réalisme au suspense conçu par Xavier Legrand. Suspense qui fonctionne même après avoir vu le film plusieurs fois. Un signe qui ne trompe pas.
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Par François-Xavier Taboni
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