Kamel Daoud : « Il y a une volonté de dicter, depuis l’Algérie, ce qui peut être écrit en France »

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L’écrivain Kamel Daoud.

L’écrivain Kamel Daoud. Roses Nicolas/ABACA

EXCLUSIF - Le Prix Goncourt 2024 réagit à sa condamnation à trois ans de prison ferme pour « Houris », un roman qui n’est pas publié en Algérie. C’est une première : la justice algérienne frappe la création littéraire en France.

« Je suis condamné en Algérie pour un roman qui n’y a jamais été publié ni diffusé ! C’est hallucinant. » Contacté par Le Figaro, Kamel Daoud a réagi à sa condamnation à trois ans de prison ferme et à cinq millions de dinars d’amende pour son roman Hourisprix Goncourt 2024. Une décision de justice qui intervient un an et demi après l’arrestation de Boualem Sansal, détenu arbitrairement à Alger entre novembre 2024 et novembre 2025. Le livre attenterait à l’article 46 de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale adoptée en 2006. Ladite charte punit quiconque « utilise ou instrumentalise les blessures de la tragédie nationale », c’est-à-dire la guerre civile entre les islamistes et le régime algérien durant les années 1990 qui a fait près de 200 000 morts. Cet article 46 n’a été mobilisé par la justice que trois fois avant Kamel Daoud, et toujours contre des ex-militants du Front islamique du salut.

Déjà, en mai 2025, Kamel Daoud avait été visé par deux mandats…

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Le Figaro

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