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RÉCIT - Condamné par l’État algérien à trois ans de prison ferme pour avoir publié son roman «Houris», le Prix Goncourt 2024 a déjà subi une fatwa, fait l’objet deux mandats d’arrêt internationaux et a été assigné en justice en France pour non-respect de la vie privée.
Passer la publicitéNous avions rencontré Kamel Daoud en septembre 2014, il venait de publier Meursault, contre-enquête. Son roman, qui revisitait L’Étranger de Camus, avait été l’invité surprise des grands prix littéraires. Sur les listes du Goncourt et du Renaudot, l’écrivain avait pris tout le monde de court jusqu’à frôler la récompense suprême. Il était en finale du Goncourt mais c’est Lydie Salvayre qui l’emporta. Daoud décrochera le Goncourt du premier roman, et sera consacré dix années plus tard avec Houris, paru chez Gallimard.
Ce roman fut à la fois sa joie, et son malheur : c’est après la publication de ce texte qu’il fut attaqué tous azimuts (des attaques individuelles, politiques et étatiques), jusqu’à aujourd’hui où il est condamné par l’État algérien à trois ans de prison ferme et à cinq millions de dinars d’amende, en application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Ce texte stipule que «quiconque qui, par ses déclarations, écrits ou tout autre acte, utilise ou instrumentalise…

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