La Peugeot 504 cabriolet totalement disparue ressuscite grâce à un milliardaire anglais

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La sellerie beige clair n’a pas le moindre accroc, les jantes brillent de mille feux et la carrosserie est sans défaut. Cette Peugeot 504 Riviera est dans un état de conservation remarquable et, pour cause, elle est totalement neuve ! Elle a été commandée par le milliardaire britannique Barnaby Swire, qui a personnellement supervisé le montage et l’assemblage durant trois années.

Le véhicule bleu-vert, appelé « break de chasse » est une copie d’un prototype présenté en 1971 à Genève, dont il ne reste plus un seul exemplaire sur Terre. Pour le plus grand plaisir des amateurs, la voiture recrée a fait l’objet d’une convention de dépôt entre le musée de l’Aventure Peugeot à Sochaux et son propriétaire, qui a accepté de l’exposer dans le Doubs, haut lieu historique de la construction automobile, durant plusieurs mois.

L’histoire incroyable de ce modèle remonte au début des années 1970. « À l’origine, la Peugeot 504 Riviera est un prototype de style, ce que nous nommons désormais concept-car, confie Hervé Charpentier, directeur des collections du musée. C’est un dérivé de la 504 coupée qui a été designé par le carrossier italien Pininfarina. L’idée des ingénieurs était de concevoir un break sportif, capable d’offrir espace et confort sans renoncer à l’élégance. »

Le modèle est sorti des ateliers avant d’être présenté au Salon de Genève en 1971. « À notre connaissance, un nombre très limité d’exemplaires a été réalisé, probablement un ou deux véhicules. Celui présenté en Suisse était une maquette statique aux finitions très abouties, puis un second véhicule roulant a été conçu un peu plus tard. Le premier aurait été détruit, le second vendu à un particulier. » Un prototype dont il ne reste aucune trace aujourd’hui.

Barnaby Swire était obsédé par les jantes

Barnaby Swire, un milliardaire anglais amoureux des 504, a donc décidé de redonner vie à la Riviera. Avec quelques photos en poche, il a contacté une société spécialisée dans la restauration des véhicules, qui s’est tournée vers l’entreprise polonaise STP Group Classic Cars. La 504 Riviera a été entièrement modélisée pour assurer sa reproduction.

« J’avais en tête qu’avec les techniques modernes, produire une réplique serait moins difficile aujourd’hui qu’en 1970 », a confié l’heureux propriétaire, au quotidien régional L’Est Républicain. L’homme a apporté un soin tout particulier aux jantes du véhicule, si caractéristiques : « Elles étaient très importantes pour moi. Il y a même eu des moments où on a pensé que ça ne serait pas possible. »

Ce travail minutieux a permis de redonner vie à cette réplique quasi-identique et roulante. « Il ne s’agit pas d’un véhicule d’époque conservé dans son état d’origine mais d’une interprétation fidèle visant à restituer une proposition stylistique disparue », précise bien Hervé Charpentier.

Le lien entre le musée du Doubs et l’Anglais s’est noué par hasard, au détour d’une route normande. Le milliardaire, qui a connu quelques déboires mécaniques, a sollicité l’aide d’un spécialiste, qui a fait le lien avec l’amicale des Peugeot 504. Le bouche-à-oreille a permis de faire le reste du chemin.

« Ces collectionneurs passionnés contribuent à faire vivre et enrichir la connaissance de l’histoire de Peugeot. Ce dépôt nous permet de mettre en lumière des projets méconnus ou atypiques de l’histoire Peugeot. » La 504 ressuscitée devrait rester exposée dans le berceau historique de la marque, jusqu’à la fin de l’année.

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