Attrape-moi si tu peux ! Pas sûr que la version du blockbuster de Steven Spielberg revu à la sauce Luis Enrique ait beaucoup distrait Pierre Sage et le peuple lensois. Dans le jeu du chat et de la souris que se livrent en tête du classement Paris et son dauphin nordiste, le champion d’Europe a, ce samedi, en effet envoyé à son principal concurrent dans la course au titre, le message qu’il rêvait de pouvoir écrire avant le coup d’envoi de cette 24e journée de Ligue 1.
Au lendemain du nul concédé par les Sang et Or devant Strasbourg (1-1), l’emporter au Havre était un impératif pour les troupes de Luis Enrique tant un succès pouvait leur permettre de creuser un peu plus l’écart et prendre quatre longueurs d’avance sur son ambitieux concurrent.
Malgré quatre changements dans le onze de départ « européen » qui s’est qualifié mercredi pour les 8es de finale de Ligue des champions face à Monaco (2-2), les titularisations de Zabarnyi et Hernandez en défense, la deuxième d’affilée en Ligue 1 de l’ex-milieu barcelonais Dro Fernandez et celle de Kang-in Lee en attaque, Paris n’a pas raté le coche sur la pelouse du Stade Océane qui l’a d’abord vu livrer une première demi-heure sans éclat.
À l’exception d’une tête décroisée de Khvicha Kvaratskhelia repoussée sur sa ligne par Yanis Zouaoui (2e), c’est d’abord un Paris au petit trot, sans inspiration, qui a donné l’impression de prendre tout son temps pour se mettre en jambes. Malgré les bons coups de pattes de Kang-in Lee, il aura fallu attendre que le Coréen dépose le ballon sur la tête de Barcola pour voir Paris prendre enfin l’avantage et se libérer, un peu, de l’étau qui l’empêchait d’être lui-même.
Barcola marque encore
Dans le rôle d’attaquant de pointe qui lui aura été dévolu en seconde période face à Monaco, l’ancien lyonnais aura, comme ses partenaires, mis du temps à sortir de sa boîte. Mais sa tête piquée, peu académique, aura eu le mérite de lui donner des ailes. Après avoir inscrit son neuvième but de la saison en championnat, le deuxième d’affilée en L 1 après celui inscrit face à Metz, « BB » aurait pu un peu plus soigner ses statistiques et faire fructifier sa colonne passe décisive si ses partenaires avaient été un peu plus précis.
Son extérieur du droit, limpide, adressé à Kang-In Lee au cœur d’un contre qu’il avait initié, aurait dû faire mouche si, seul face à Diaw, le Coréen avait cadré sa frappe (54e). Virevoltant, le feu follet parisien a encore semé tout le monde, quelques minutes plus tard, et servi Nuno Mendes sur un plateau. Un caviar gâché par le Portugais, sa reprise au point de pénalty ayant, elle aussi, trouvé un Diaw impeccable sur son chemin.
Le gardien havrais a en quelque sorte été le héros du match lui qui, à défaut de sauver son équipe de la défaite lui aura permis de garder espoir jusqu’au bout en détournant le pénalty que Désiré Doué avait lui-même provoqué (79e). Le 5e raté par Paris en 10 tentés cette saison.
Dans ce contexte et à l’issue de cette victoire finalement étriquée, Paris pourra, lui aussi, remercier son portier. Matvey Sofonov n’aura pas vécu la soirée la plus stressante de toute sa carrière. Mais en sortant dans les pieds de Soumaré (18e), puis en détournant surtout sa frappe en pivot d’une parade réflexe incroyable (54e), le gardien russe aura permis à Paris de faire la bonne affaire du soir. Et de prendre quatre longueurs d’avance dans une soirée qui, dans quelques semaines, se révélera peut-être comme le tournant de la saison.




