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EXCLUSIF. Fin 2022, nous avions enquêté sur un violon à 10 millions d’euros, dérobé par l’armée allemande à Varsovie en 1944 et disparu depuis. S’agirait-il de ce Stradivarius de 1719 présenté lors d’un récent concert en Alsace ? Enquête.

Le 31 mars à Colmar (Haut-Rhin), le Musée Unterlinden organise une soirée avec un menu appétissant : le mariage du vin et du violon. Avant que Serge Dubs, meilleur sommelier du monde, ne propose un test de grands crus, un jeune et prometteur violoniste, Emmanuel Coppey, fait « déguster » au public le même extrait d’un concerto de Sibelius sur quatre violons prestigieux différents.
Mais il y a comme une fausse note. À la lecture du compte-rendu du concert dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace, une femme, Pascale Bernheim, tique. L’un des quatre instruments hors norme présentés est annoncé comme un Stradivarius de 1719. Or, la fondatrice de l’association « Musique et Spoliations », qui enquête sur les vols d’instruments de musique par les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, recherche justement depuis plusieurs années un Stradivarius de 1719, le Lauterbach, dérobé au Musée national de Varsovie (Pologne) en 1944 occupé par l’armée allemande, avant sa retraite. La trace de ce violon, estimé à 10 millions d’euros, s’est perdue après-guerre en RDA dans les méandres d’une Allemagne coupée en deux par le mur de Berlin, avant de réapparaître, semble-t-il, en France, au début des années 1990.




