Dans une déclaration commune, les représentants des festivals de Cannes, Toronto ou encore Sundance ont pris la défense de leur consœur qui pourrait être licenciée mercredi 4 mars à la suite des polémiques de la dernière édition.
Passer la publicité Passer la publicitéSon avenir à la tête de la Berlinale est débattu aujourd’hui. Tricia Tuttle, directrice du Festival International du Film de Berlin depuis 2024, risque d’être licenciée à la suite des polémiques qui ont secoué la 76e édition du géant rendez-vous cinématographique mi-février. Parmi elles, les déclarations du président du jury, vivement critiqué après avoir assuré qu’il ne fallait pas attendre des réalisateurs « qu’ils s’expriment sur chaque sujet politique qu’on leur soumet, à moins qu’ils en aient envie ». Mais aussi la controverse autour du discours d’un réalisateur syro-palestinien, qui a accusé l’Allemagne d’être « complice » de « génocide » envers les Palestiniens lors de la cérémonie de clôture.
À la suite de la parution d’un article dans le tabloïd allemand Bild, annonçant le probable licenciement de Tricia Tuttle dans les prochains jours, plus de 3000 professionnels du cinéma - parmi lesquels Sean Baker, Todd Haynes, Tilda Swinton et Kleber Mendonça Filho - ont ratifié une pétition pour la défendre. Une autre déclaration commune en soutien à la directrice de la Berlinale a été signée par les directeurs de festival du monde entier, dont celui de Cannes, Thierry Frémaux, de Toronto, de Sundance, de Busan, de Rotterdam ou encore de Londres.
Tenir compte de tous les points de vue
Dans cette lettre, relayée par Variety le mardi 3 février, ils demandent à « préserver des espaces où l’inconfort est accepté, où les débats peuvent être approfondis, où de nouvelles idées peuvent se propager et où des perspectives inattendues - et parfois contradictoires - peuvent être exprimées ». Les signataires rappellent également « le besoin que toutes les parties prenantes - publics, créateurs, équipes des festivals, partenaires publics et privés, industrie, médias, institutions partenaires - fassent preuve de courtoisie, de respect et de solidarité les unes envers les autres, en tant que communautés et réseaux liés par l’amour du cinéma ».
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Les directeurs de festivals de cinéma disent alors soutenir « le souhait de Tricia Tuttle de continuer à exercer ses fonctions [..] en toute confiance et en toute indépendance institutionnelle ». En tant que « gardiens de la culture », ils estiment que leur devoir est de « créer et protéger un espace » où tous les points de vue peuvent se réunir, car c’est « ce qui constitue “l’esprit” du festival ». « Nous devons également tenir compte, avec prudence, que les opinions ne concordent pas toujours entre elles, ni avec les positions socialement acceptées ou imposées par la politique », poursuit la lettre. Les signataires concluent leur propos en appelant à garantir la « véritable liberté d’expression, y compris la liberté d’exprimer des opinions imparfaites ou impopulaires ».

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