Le Bayern Munich ou le Real Madrid ce mercredi ne va pas rigoler longtemps après la qualification de l’un ou de l’autre pour la demi-finale de la Ligue des champions. Il sait qu’il va retrouver sur sa route le champion d’Europe en titre, pour la troisième fois d’affilée dans le dernier carré de la compétition. Pour la troisième fois avec Luis Enrique, l’architecte absolu de ces succès et de ce morceau de triomphe qui se dessine.
Après n’avoir rien laissé à Liverpool la semaine dernière au Parc des Princes (2-0), son PSG a asphyxié les Reds puis résisté, beaucoup résisté avant de profiter de deux contres conclus par Ousmane Dembélé. Un du pied gauche, un autre du droit. S’il avait inscrit un triplé, il aurait choisi la tête.
Il n’y a qu’un Ballon d’Or par année et il peuple l’effectif du PSG. Sa frappe, pour le 0-1, à l’entrée de la surface sans forcer mais placée, à quelques centimètres du poteau, a perdu Giorgi Mamardashvili incapable de se détendre jusque-là pour attraper cette caresse, cet amour de tir qui va fortifier la légende de Dembouze, déjà buteur ici même la saison passée pour ramener tout le monde à égalité. Puis contre Arsenal à Londres en demi-finale.
L’attaquant aime le foot donc il aime les équipes anglaises qu’il matraque. Son deuxième but doit beaucoup à une passe dans le bon timing du revenant Bradley Barcola. Et Paris aura marqué quatre fois contre les Reds, quatre fois par ses joueurs offensifs.
Avant la libération Ousmanienne, Anfield avait décidé de grimper sur n’importe quelle attraction, du moment qu’elle brille, qu’elle tourne, qu’elle offre l’occasion de s’époumoner. Le premier corner de la partie, maîtrisé sans difficulté par Matvey Safonov, donnera de l’élan aux supporters, vite stoppé. Le PSG s’est procuré les meilleures situations, notamment par Ousmane Dembélé, le joueur qui a longtemps le mieux pressé, le mieux déployé son jeu alors que les Reds ont montré du cœur mais peu d’idées.
Marquinhos, capitaine déterminé
Pour cette manche retour, Arne Slot a coupé la poire des critiques en deux, en revenant à son 4-2-3-1 mais sans Mohamed Salah, déjà puni à l’aller. Le déclin du Pharaon est certain mais disons que parfois certains poussent dans le dos pour qu’il tombe plus vite, façon Ibrahima Konaté sur Nuno Mendes à la fin du match au Parc des Princes. L’entraîneur néerlandais, sortant le parapluie un soir d’averses continues, avait également décidé d’aligner toutes ses recrues, en tout cas les cinq plus chères du mercato d’été, au coup d’envoi. Quatre flops plus ou moins et Hugo Ekitike, malheureusement sorti sur blessure.
Après les corners et au milieu d’un désert de créativité, les fans d’Anfield ont eu besoin d’une nouvelle histoire à se mettre sous la dent et elle est venue du remplaçant de l’international français, avec l’entrée de l’Égyptien. Sur sa première touche de balle, il a créé ce feu dans la surface parisienne qui manquait tant, avec un sauvetage sur la ligne de Marquinhos, par ailleurs l’un des Parisiens les plus justes et dans le combat pendant ce premier acte.
Il y a eu beaucoup de casse dans cette rencontre, rançon d’une intensité folle, accrue en seconde période. Après Ekitike, c’est un autre membre de la bande de Didier Deschamps, Désiré Doué, qui a dû céder sa place à Barcola, dont le dernier tour de piste remontait au 8e de finale retour à Chelsea (0-3). Dans la détermination et l’impact, Marquinhos n’a pas été assez suivi par ses partenaires, un poil endormis après la pause, comme s’ils jouaient avec le sablier. 30 minutes à jouer. 20 minutes à jouer. À 18 minutes du terme, la mort footballistique a enveloppé Liverpool tandis que l’extase a gagné les rangs parisiens. À Anfield, l’histoire finit toujours bien.




