Depuis lundi, une copie de trois mètres de haut trône à l’entrée du Vieux-Port, au sommet du fort Saint-Jean. Réalisée dans le cadre d’une exposition du Mucem, elle devrait commencer à voyager après l’été.
Passer la publicité Passer la publicitéElle est descendue du ciel, en hélicoptère. La Provence rapporte que Marseille accueille, depuis lundi, une réplique de sa Vierge à l’Enfant au sommet du fort Saint-Jean, à l’entrée du Vieux-Port. Une copie de celle qui coiffe Notre-Dame de la Garde. Haute de 3 mètres sans compter le socle, contre 9,7 pour l’original, elle pèse plusieurs centaines de kilos. Contre plusieurs tonnes pour l’original.
La réplique a été imaginée dans le cadre d’une exposition du musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM) consacrée aux Bonnes Mères. Pas seulement les Vierges. L’objectif est d’explorer « la maternité méditerranéenne comme objet de construction sociale, enjeu politique et sujet artistique », détaille l’établissement créé en 2013, auquel est rattaché le fort Saint-Jean. Des œuvres de Louise Bourgeois, Niki de Saint Phalle ou Prune Nourry, plus récemment, apparaissent dans ce parcours visible jusqu’à la fin août. La statue, selon Le Parisien, voyagera par la suite dans des musées à l’étranger.
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Restauration de l’originale
« Il y a beaucoup de Bonne Mère à Marseille », renseigne Caroline Chenu, l’une des commissaires de l’exposition, auprès de 20 minutes . Près de 300 statues de vierges, petites et grandes, siègent dans des niches creusées à l’angle des murs de la ville. Le MuCEM précise que le diocèse a donné son autorisation à la reproduction de la statue inaugurée en 1870, œuvre de l’artiste parisien Eugène-Louis Lequesne et des ateliers de Christofle.
La maison spécialisée dans l’orfèvrerie et les arts de la table signe également la copie. Elle a été modélisée numériquement avant que des gestes séculaires de fonderie et de dorure à la feuille d’or ne prennent le relais. « Le génie de l’or est sa plasticité, il s’étire et épouse les formes sans se froisser », confiaient en novembre 2025 les doreuses qui ont participé à la restauration de la Vierge originale.
Celle-ci a fait l’objet de soins passionnés l’an dernier afin d’effacer les effets du mistral et des embruns. L’or protège la sculpture des assauts du vent, du sel et de la pollution, mais le cuivre s’était oxydé là où les feuilles d’or ont disparu, perlant de taches vertes les visages de la Vierge et de l’Enfant. Elle n’a désormais plus rien à envier au double flambant neuf qui trône, deux cents mètres plus bas.

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