Avec la sortie de Michael, consacré à Michael Jackson, mercredi 22 avril 2026, le biopic musical revient en force au cinéma. L'occasion de s'intéresser à un genre qui a le vent en poupe ces dernières années, mais qui a été complètement vidé de sa substance par des portraits aseptisés et formatés des artistes. Coup de gueule !
Encore un énième biopic musical sans saveur. Le mercredi 22 avril 2026 sort au cinéma Michael, film très attendu consacré à Michael Jackson. Une œuvre qui retrace l’ascension fulgurante de l’icône, de ses débuts précoces à son statut de star planétaire. Un projet ambitieux sur le papier, mais qui s’inscrit dans une tendance devenue franchement lassante.
Car derrière cet événement cinéma que représente Michael, difficile de ne pas y voir une mécanique bien rodée. En effet, depuis le triomphe de Bohemian Rhapsody, Hollywood multiplie les portraits de grandes stars de la musique (Bob Marley, Amy Winehouse, Elvis Presley, etc.) calibrés pour séduire le grand public et les fans, et ce, au détriment du cinéma.
Les gros studios s'appuient sur une recette simple qui reprend toujours les mêmes ingrédients : enfance difficile, révélation musicale, ascension fulgurante, chute, puis rédemption finale sur scène, jusqu’à l’ovation finale. Mais à force de nous servir la même soupe, on finit par en être dégoûté !
La faute, souvent, à un contrôle étroit des ayants droit. Résultat ? Des œuvres qui ressemblent davantage à des vitrines ou des longs clips qu’à de véritables propositions de cinéma. La narration y est aseptisée, et la complexité des artistes disparaît au profit d’une légende officielle.
Les biopics au cinéma, on connaît la chanson !
Et devinez quoi ? Michael d'Antoine Fuqua ne déroge pas à la règle et en coche toutes les cases citées plus haut, à tel point que cela en devient presque embarrassant par moments. Saluons toutefois la belle performance de Jaafar Jackson, neveu du chanteur, dans le rôle-titre et dont c'est la toute première apparition sur grand écran.
Une copie d'autant plus frustrante que la version initiale devait être bien moins édulcorée et apporter davantage de nuances au personnage, puisque qu'elle était notamment censée aborder les accusations d’agressions sexuelles sur mineurs visant Michael Jackson. Or, d'après nos confrères de Variety, ces éléments auraient été écartés ou modifiés, sous l’influence des héritiers, soucieux de préserver l’image du roi de la pop...
Des changements justifiés par la redécouverte des avocats de la succession de l'artiste d'une clause avec l'un des accusateurs du chanteur, Jordan Chandler, le premier adolescent à avoir porté plainte contre le chanteur en 1993, qui interdisait toute représentation ou mention de lui dans un film. Des reshoots ont donc été effectués, rallongeant l'addition de 13 à 15 millions de dollars au budget déjà important et qui s'élevait déjà à 155 millions de dollars !
Heureusement, certains biopics musicaux échappent à cette standardisation et au piège de l'hagiographie. Prenons l'exemple de Un Parfait inconnu, autour de Bob Dylan, ou Springsteen : Deliver Me from Nowhere sur Bruce Springsteen, qui privilégient une approche plus sensible et fragmentaire.
Ici, pas question de raconter toute la vie du chanteur. Ces films capturent une période et une vision de l'artiste. Un Parfait inconnu se penche sur début de carrière de Dylan, correspondant à la période 1961-1966, tandis que Springsteen : Deliver Me from Nowhere s'intéresse à la création de l'album Nebraska du Boss.
Des partis pris narratifs qui assument de laisser des zones d’ombre. Et c’est précisément ce qui rend ces longs-métrages plus vivants et infiniment plus aboutis en matière de cinéma ! Une chose est sûre, cette mode du biopic musical n'est pas près de s'arrêter. Quatre films sur les Beatles par Sam Mendes (Skyfall, 1917) sont d'ores et déjà annoncés pour avril 2028...

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