Le géant (2,24m) français de 22 ans a hérité, ce lundi, du titre de meilleur défenseur de la ligue nord-américaine. Le premier d’une longue série pour l’intérieur des Spurs.
«Qui sont les autres prétendants ?» : n’ayant pas sa langue dans sa poche, Victor Wembanyama n’avait que peu de doutes quant à l’obtention du titre de meilleur défenseur de la NBA ces dernières semaines. Il avait bien raison. Pour ce qui n’était que sa troisième saison au sein de la ligue nord-américaine, l’intérieur français de San Antonio a hérité de cette distinction ce lundi. Une évidence. La nouvelle a été dévoilée à la télévision américaine, avant le match 2 entre Cleveland et Toronto. C’est le lauréat 1996 Gary Payton qui a ouvert l’enveloppe et annoncé la nouvelle, sans surprise.
Je suis très fier d’être le premier à remporter ce trophée à l’unanimité.
Victor Wembanyama«Je suis très heureux de remporter ce trophée et très fier d’être le premier à le remporter à l’unanimité», a-t-il savouré sur NBC. «Mon boulot est de m’occuper des gars comme vous (sourire)», s’est-il amusé, répondant à Tracy McGrady, Carmelo Anthony et Vince Carter, tous de grands attaquants. Et de poursuivre : «J’ai eu la chance d’avoir de grands coachs tout au long de ma carrière, ils m’ont donné de bonnes habitudes en défense. Si on parle des contres, je travaille sur ça depuis toujours. C’est le secteur de jeu dans lequel je suis le plus à l’aise. (...) J’ai de grandes ambitions. Mais on ne peut pas occulter l’aspect collectif. Je suis ici, je prends la lumière, mais je suis une partie d’un système. Je ne pourrais rien faire sans mes coéquipiers, le staff…»
Le trophée de meilleur défenseur a été renommé en hommage au meilleur contreur de l’histoire, Hakeem Olajuwon, avec lequel «Wemby» a travaillé l’été dernier. «Je me souviens des moments où j’étais chez Hakeem et où je regardais cette plaque qui évoquait son record de contres. Je me disais que je le battrai un jour. Un pas après l’autre», a-t-il encore lancé. Chiche ?
Il change le jeu
Dimanche, on apprenait que «Wemby», qui a atteint le total requis de 65 matchs en saison régulière sur le fil, faisait partie des trois finalistes pour le trophée, avec Chet Holmgren (Oklahoma City) et Ausar Thompson (Detroit). Mais la seule question était de savoir s’il serait élu à l’unanimité ou pas. Et c’est effectivement le cas. Logique. Il y a l’extraterrestre français et les autres. «Je crois que je suis le joueur le plus impactant de la NBA défensivement», expliquait récemment le vice-champion olympique. Difficile de lui donner tort. Et ce n’est en tout cas pas l’ex-coach de Milwaukee, Doc Rivers, qui dirait le contraire : «Il change totalement votre plan de jeu. C’est le seul joueur qui, défensivement, impose de changer votre façon de jouer».
Il le mérite.
Rudy GobertMême Rudy Gobert, quadruple lauréat du trophée, n’y trouve rien à redire. «Victor et moi sommes les deux joueurs qui ont le plus d’impact défensivement cette année, assure le pivot français de Minnesota, dans une interview accordée au Parisien . C’est une donnée statistique, pas une impression personnelle. Les Spurs ont une des meilleures défenses de la Ligue. C’est principalement grâce à Victor. Par sa dissuasion, ses contres, son jeu spectaculaire, il s’est clairement mis en position d’aller chercher son premier trophée de meilleur défenseur. Il va le gagner car il le mérite».
À noter que «Wemby» aurait sans doute déjà remporté ce trophée l’an passé s’il n’avait pas vu sa saison stoppée en février par une thrombose veineuse profonde à l’épaule droite. C’est l’intérieur de Cleveland, Evan Mobley, qui en avait profité pour succéder à Gobert, récompensé en 2018, 2019, 2021 et donc 2024. Une tradition française : Joakim Noah y avait eu droit en 2014. Dans l’histoire des Spurs, l’ancien de Nanterre est le quatrième joueur à décrocher cette récompense après Alvin Robertson (1986), David Robinson (1992) et Kawhi Leonard (2015 et 2016). Quelques chiffres ? Le Français a dominé la NBA au nombre de contres par match et au total de contres (197), affichant en outre le meilleur pourcentage de réussite adverse (40,7 %) et le meilleur nombre de tirs contestés par match (9,3). Il a en outre réalisé 43 matchs avec au moins un contre et une interception, pour une moyenne combinée de 4,11 «stocks» (interceptions + contres), la meilleure de la NBA.
Impact XXL
Avec quatre titres, Gobert est, à date, le recordman dans toute l’histoire de la NBA avec Ben Wallace et le regretté Dikembe Mutombo. Un record qui semble à la portée de Victor Wembanyama, tant l’ancien joueur de Nanterre est dominant sur le plan défensif. Il y a un monde entre lui et le reste de la concurrence. C’est son trophée. Pour longtemps... Le natif du Chesnay a encore terminé en tête des contreurs cette saison (3,1/match), comme sur ses deux premières campagnes en NBA, et les Spurs affichent la troisième meilleure défense avec 111,3 points encaissés par 100 possessions, derrière OKC (107,7) et Boston (109,7). Mais l’impact de Victor Wembanyama va au-delà des chiffres. Comme l’a si bien dit Doc Rivers, l’Alien vous pousse à changer votre jeu, vos tirs, par sa seule présence sur le parquet. Un monstre.
On soulignera au passage que Wembanyama est, à 22 ans et 106 jours, le plus jeune lauréat de ce trophée qui va lui permettre de faire un bond conséquent en termes de salaire pour son futur contrat. «Wemby» sera en effet éligible cet été à une extension qui entrera en vigueur en 2027-28. Sans trahir de secret, on imagine que les négociations seront rapides : San Antonio donnera le maximum à son joueur phare. En héritant d’un trophée individuel, le Français pourra obtenir environ 326 millions de dollars sur cinq ans au lieu de 271, comme l’a dernièrement évoqué le site américain ESPN .
La défense, c’est 50% du jeu.
Victor WembanyamaLa question est désormais de savoir si Victor Wembanyama intégrera dans les semaines à venir le club très fermé des joueurs qui ont obtenu le titre de meilleur défenseur et de meilleur joueur (MVP) la même saison. À date, ils ne sont que quatre : Michael Jordan en 1988, Hakeem Olajuwon en 1994, Kevin Garnett en 2004 et Giánnis Antetokoúnmpo en 2020. «La défense, c’est 50% du jeu et c’est sous-évalué dans la course au titre de MVP», affirmait-il récemment, lui qui est en balance avec le MVP 2025 Shai Gilgeous-Alexander (OKC) et Nikola Jokic (Denver) pour ce trophée. Tout porte à croire que «SGA» fera le doublé, à l’image d’un récent sondage d’ESPN, mais «Wemby», auteur d’une saison à 25 points et 11,5 rebonds avec des San Antonio Spurs deuxièmes au classement de l’Ouest (62v-20d), est un candidat crédible.
Une chose est sûre : l’avenir appartient au géant français, qui a brillé pour ses débuts en play-offs dimanche, lors de la victoire de San Antonio sur Portland (111-98). Charge aux Spurs d’enfoncer le clou mardi, toujours au Frost Bank Center. «Le boulot n’est pas terminé», a lancé Victor Wembanyama, auteur de 35 points dans cette rencontre. Effectivement, il ne fait que commencer.

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