DÉCRYPTAGE – Vainqueurs de leurs 11 précédents matchs, les Spurs ont chuté sur le parquet d’une rugueuse équipe de New York dimanche. Un revers riche en enseignements.
Fin de série. Après un mois de février parfait (11 victoires, 0 défaite), les Spurs ont lourdement chuté à New York (114-89) dimanche. Mikal Bridges (25 pts), Jalen Brunson (24 pts) et compagnie ont placé un coup d’accélérateur décisif en première période (26-2) alors que San Antonio, qui n’avait plus perdu depuis le 31 janvier à Charlotte, avait mené 19-7. À noter les 14 points du Français Mohamed Diawara pour le club new-yorkais, face à des Spurs «très hésitants, très indécis», comme l’a soufflé leur entraîneur, Mitch Johnson. Son équipe a perdu 22 ballons et été dominée aux rebonds (54-41).
«Or, quand on présente la meilleure version de nous-mêmes, c’est avec de la vitesse, de l’activité, de l’espace, du rythme, mouvement du ballon et des corps, ou les deux… Durant cette série, on était dans des sables mouvants des deux côtés du terrain. Il faut leur donner du crédit», a ajouté Johnson.
Après deux matchs à 12 points et un petit 6/16 lors du succès à Detroit (21 pts), Victor Wembanyama a retrouvé des couleurs offensivement, avec 25 points à 8/17 aux tirs. Le géant français de 22 ans a aussi capté 13 rebonds et contré 4 ballons. Pas ménagé par la défense rugueuse des Knicks, il a toutefois pioché de loin (1/7) et perdu 7 ballons. «Ils ont joué physique, mais ce n’était pas le pire que j’ai vu, a commenté le vice-champion olympique. Je ne sais pas pourquoi, on était un peu hésitants. Pour ma part, je l’ai notamment été à trois points (1/7), je gardais trop la balle. On était hésitants et ça se voit dans le nombre de nos pertes de balle aussi, j’en ai commis sept. Il y a eu des pertes de balle bêtes… On leur a donné des cartouches. On aurait dû être meilleurs, surtout dans ce run du premier quart-temps, c’était la clé».
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Effet boule de neige
Les enseignements pour l’équipe texane ? «On peut prendre exemple sur eux, la façon dont ils sont revenus dans le match alors qu’on dominait au début. J’ai fait une erreur sur un rebond offensif et c’est là qu’ils ont fait leur run. Ils n’avaient besoin que d’une étincelle. Et on ne pouvait plus les arrêter», a analysé «Wemby, évoquant un «effet boule de neige» et regrettant que «les pertes de balle leur ont donné l’occasion de jouer en transition ou d’avoir une nouvelle possession». 24 points encaissés sur ces 22 pertes de balle.
L’international tricolore a en outre estimé que «c’est une bonne équipe de basket, de bons joueurs. Ce n’est pas une équipe qui joue un basket désagréable à regarder, mais ils nous ont rendus moches à voir jouer (sourire)». Et de poursuivre : «C’est bon pour nous d’être confrontés à ce genre d’adversité. On veut affronter les meilleurs. C’est une équipe de haut de tableau, une équipe de play-offs, expérimentée. Ils savent ce que c’est et ils nous l’ont montré aujourd’hui». Battus par cette même équipe en finale de la NBA Cup (89-114) mais vainqueurs le 31 décembre (134-132), les Spurs sont deuxièmes au classement de l’Ouest, les Knicks étant, eux, troisièmes à l’Est.
Le plus dur, c’est de répondre au défi physique, c’est quelque chose que j’ai appris à faire avec les années parce que ça fait des années qu’on défend comme ça sur moi.
Victor WembanyamaUne chose est sûre : ce n’est ni la première, ni la dernière fois que les défenseurs adverses vont se montrer très agressifs sur le dossier Wembanyama. «Il y a des façons de répondre et de punir ce type de défense. La première chose, c’est toujours de répondre au défi physique, ne jamais être sur les talons. Je sais le faire, mais parfois trop. Parfois, il faudrait davantage punir sur de la vitesse, poser des écrans… Mais le plus dur, c’est de répondre au défi physique, c’est quelque chose que j’ai appris à faire avec les années parce que ça fait des années qu’on défend comme ça sur moi. Mais je peux m’améliorer sur l’intelligence et comment punir cela tactiquement», a-t-il juré.
Le titre de MVP en ligne de mire
Une déconvenue qui ne remet évidemment pas en cause les ambitions élevées de San Antonio pour la fin de saison, ni celles de Victor Wembanyama en vue des trophées individuels. Grand favori pour le titre de meilleur défenseur, le Français n’a pas fait une croix sur le titre de MVP (meilleur joueur), comme il l’expliquait avant la partie à New York. «C’est un objectif, mais je suis aussi conscient que je dois appuyer sur l’accélérateur sur la fin de saison pour remporter ce trophée», avait-il poursuivi.
Invité à expliciter cette affirmation dimanche, «Wemby» a déclaré ceci : «Augmenter encore l’exigence en dehors du terrain, moins de rendez-vous, la récupération, le sommeil, la vidéo… Au final, c’est facile de se la donner sur le terrain. Mais ce qui est dur, c’est de garder l’exigence en dehors. Le top pour donner la confiance, c’est d’avoir la certitude d’avoir préparé tout ce que tu pouvais». À date, Shai Gilgeous-Alexander (OKC) et Nikola Jokic (Denver) semblent mieux placés que Victor Wembanyama, mais ces trois joueurs n’ont plus beaucoup de jokers pour être dans les clous du nombre minimal de matchs joués (65). Une aubaine pour Cade Cunningham (Detroit) ?

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