Il a découvert le mur de Huy, théâtre de l’arrivée de la Flèche Wallonne, pour la première fois ce mardi avant de s’asseoir dans un salon d’un hôtel de Verdiers, tout près de l’arrivée. Et cette découverte ne risquait pas de troubler Paul Seixas. Le meilleur talent français depuis Bernard Hinault a étalé son habituelle décontraction avant ses deux grandes courses de la semaine. La Flèche Wallonne ce mercredi puis Liège-Bastogne-Liège dimanche face à Tadej Pogacar.
Que retenez-vous de la reconnaissance du mur du Huy ce matin ?
PAUL SEIXAS. La seule chose qui m’a surpris, c’est plutôt l’état de la route. Elle est un peu plus mauvaise que ce que je pensais. Mais à part ça, il y a la largeur aussi, même si à la télé, on s’en rend déjà un peu compte. Le faire en vrai, c’est forcément différent que de voir à la télé. La manière de filmer biaise un peu la vision. Donc voilà, c’était intéressant de la faire aujourd’hui.
Vous êtes plutôt un grimpeur spécialisé dans les efforts longs. Comment allez-vous aborder ce type d’épreuve avec une montée finale de moins de trois minutes ?
Je n’ai aucune certitude, vu que je n’en ai jamais fait face à d’autres très bons puncheurs. Mais je sais que je peux être pas mal. C’est justement le but de demain, me situer. Avant le Tour du Pays basque, j’avais travaillé ça spécifiquement.
Quelle image aviez-vous de cette épreuve ?
Des très belles images quand même. La Flèche Wallonne, ce qui est marquant, c’est que c’est toujours un bon groupe qui arrive au pied du mur de Huy. Et c’est quand même aussi un très beau spectacle à voir à la télé. Ces duels sur une montée sèche. Cela plus le souvenir de la victoire de Julian (Alaphilippe en 2021). J’avais envie de le faire un jour. C’est une course qui est quand même mythique. Ce n’est pas un monument, mais voilà, c’est c’en est proche.
Sans Tadej Pogačar, sans Remco Evenepoel, ça ouvre un peu les portes. Acceptez-vous le statut de favori ?
Je ne me dis pas que j’arrive en grand favori. Mon point de vue, c’est plus de me tester sur cet effort. Après, forcément, avec l’équipe, on va essayer de mettre tout en place pour faire le meilleur résultat. Mais je ne me suis pas fixé l’ambition obligatoire de gagner.
Votre manque d’expérience peut-il jouer ?
Il y a une première à tout. Et c’est pour ça que je ne me fixe pas l’ambition directe de me dire : il faut absolument que je gagne cette course. Je ne me place pas en favori parce que je ne connais pas cet effort encore. Je ne connais pas la course, les placements. Forcément, ça va être une bonne découverte.
Il y a deux grandes courses cette semaine avec Liège dimanche. Quelle est la plus importante ?
Liège, c’est quand même un monument que la Flèche n’est pas, mais la Flèche est aussi une très grande course. Donc après, est-ce que j’ai une priorité parmi les deux ? Je pencherais plutôt vers Liège qui me correspond mieux.
L’an dernier au Tour de Lombardie puis aux Championnats d’Europe, vous aviez pu suivre des coureurs comme Pogačar et Evenepoel. Aujourd’hui, ce sont les autres qui vous suivent. Quelle a été la bascule à l’intersaison pour prendre les initiatives ?
J’ai un peu plus de confiance en mon niveau et j’ai aussi progressé. Donc forcément, je peux me permettre de plus prendre les choses en main. Et je n’avais pas non plus le niveau que j’ai aujourd’hui et qui me permet de courir de manière offensive. Et c’est plus agréable pour moi.
Vous dites que vous demander s’il est possible de battre Pogacar est « une question folle ». Mais dimanche, que ferez-vous ?
Je n’exclus aucune possibilité. Sur une course de 250 bornes, il peut se passer beaucoup de choses. Je ne pars jamais dans une idée défaitiste de me dire que je joue la deuxième place. Je vais essayer de me battre et après, ben, on verra. Il est très fort et on va se battre jusqu’au bout. Je ne baisse pas les yeux. Je ne peux pas me le permettre. Ce n’est pas mon esprit, ni celui de beaucoup de coureurs. Après, c’est la réalité du terrain qui parlera. Mais j’ai hâte. C’est peut-être le meilleur coureur de tous les temps. Se battre contre lui est quand même un honneur qui permet de voir ce qui manque.
Est-ce qu’il y a déjà une décision prise concernant votre participation au Tour de France ?
On a dit qu’on en parlait après Liège. Donc voilà, tout est maintenu pour l’instant, rien n’a bougé.



