Luis Enrique avait fait le nécessaire pour attirer le chaland. Mardi en conférence de presse d’avant-match, il avait tout mis, le ton, les mots et même un poil de dramaturgie pour faire de ce match en retard de la 26e journée de Ligue 1 face à Nantes, un thriller hitchcockien.
À la balade de santé que leur promettaient leurs 43 points d’avance sur les Canaris, le coach parisien avait osé prévenir, pour dire que ce serait tout sauf une partie de plaisir, qu’en tribunes le scénario gâcherait même les envies de pop-corn et de coca. « Ce sera plus difficile que face à Lyon, » avait-il lâché en référence à la défaite concédée dimanche soir (1-2) face aux Gones.
Bien joué ! À défaut d’endormir les suiveurs du club de la capitale, les propos du coach espagnol ont au moins réveillé ses troupes. De suspense, il n’y en a en effet guère eu, ce mercredi en début de soirée, sur la pelouse du Parc des Princes face à des Canaris incapables de faire douter leurs adversaires plus d’une petite minute. La 22e en l’occurrence, celle qui aura vu Matthis Abline tromper Safonov d’une demi-volée du gauche avant que le VAR, intraitable, n’annule ce but égalisateur pour une épaule signalée hors-jeu de quelques centimètres.
Là-haut, tout là-haut dans les tribunes du Parc des Princes, à l’endroit même où, fut un temps, Luis Enrique adorait venir prendre de l’altitude pour mieux décortiquer les premières périodes de ses troupes, Vahid Halilhodzic, suspendu depuis son expulsion ce week-end face à Brest, a compris que rien ne tournerait en faveur des siens. Et que dans ce match finalement déséquilibré comme prévu, Paris allait en profiter pour rappeler quelques évidences.
Le bijou de Kvaratskhelia
Grâce (aussi) à un VAR sorti de sa boîte, prouver d’abord que Paris n’était pas si nul que cela, pas toujours en tout cas, dans l’exercice du pénalty. Le club de la capitale, pire élève du continent de la discipline avec ses six échecs en douze tentatives, n’a cette fois pas loupé le coche. D’un plat du pied du droit décroisé sur la gauche d’Anthony Lopes, Khvicha Kvaratkhelia a ainsi réussi là où dimanche Gonçalo Ramos avait échoué.
Parfait pour faire tomber tous les clichés qui, ces derniers temps, commençaient à s’installer. Puisque la baisse de régime de Désiré Doué en faisait, elle aussi partie, l’ancien Rennais a également pris le bon wagon pour faire taire les mauvaises langues. Disponible, inspiré et créatif, le natif d’Angers a ainsi pris soin de prendre le relais d’Ousmane Dembélé dans le registre du « golazo » qui pique les yeux et fait lever les foules. Sa frappe surpuissante déclenchée en pleine course à l’entrée de la surface dans la lucarne opposée a rappelé à ceux qui en doutaient que son talent serait indispensable dans les échéances à venir.
Ce match en retard a aussi raconté qu’en dépit de ses performances XXL en Ligue des champions, Kvaratskhelia aimait aussi les « petits » matchs. Puisque Doué avait élevé le niveau, le Géorgien y est, lui aussi, allé de son bijou. Différent, tout en finesse, c’est après un dribble droite-gauche éliminant trois Nantais que le numéro 7 a fini par piquer son ballon devant Lopes.
Son sixième but en Ligue 1 qui porte à 16 son total cette saison et lui permet de signer le meilleur bilan de sa carrière. Un nouveau coup de génie surtout qui offre à Paris quatre longueurs d’avance sur Lens en tête du classement. Un match en retard qui remet, vraiment, les pendules à l’heure.




