CRITIQUE - La rétrospective du Musée d’art moderne de Paris est passionnante car elle dépasse les stéréotypes et plonge dans la vie de cette femme photographe sans peur ni reproche.
Tout commence par la beauté. Elle est tout simplement mythologique comme la statue antique qui fait perdre la tête au poète, dans Le Sang du poète, film expérimental de Jean Cocteau en 1930. Il se sert du cinéma comme d’un outil d’exploration de l’inconscient et entend « faire de la poésie plastique » par des trucages simples et enchantés. Lee Miller prête ses traits parfaits à cette statue inanimée que le crayon noir conceptualise comme un dessin de Cocteau. Puis, elle s’anime, devient une femme fatale qui joue aux cartes et qui pousse un joueur au suicide. Puis redevient statue avant de finir brisée comme un joli vestige. Le destin de Lee Miller (1907-1977) gît donc là, dès l’entrée de cette rétrospective du Musée d’art moderne de Paris, beaucoup plus intéressante que le film Lee Miller réalisé par Ellen Kuras en 2023, avec une Kate Winslet convaincue de parler à l’histoire.
« Le film de Cocteau qui ouvre l’exposition nous semblait programmatique de la vie de Miller », souligne…

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