Par Ar. C.
Le 23 avril 2026 à 17h26
Dans cette affaire de billetterie, l’ex-directeur général du comité d’organisation du Mondial de rugby en France est soupçonné de favoritisme, prise illégale d’intérêts et corruption.
Passer la publicité Passer la publicitéDe nouveaux soucis pour Claude Atcher ? Le quotidien sportif L’Équipe révèle, ce jeudi, que le Parquet national financier (PNF) a dressé, dans une note de 134 pages, un bilan des investigations menées dans l’enquête préliminaire ouverte en octobre 2022 sur l’organisation de la Coupe du monde de rugby 2023. Cette procédure - déclenchée après un signalement de l’Inspection générale des finances - vise notamment l’ancien directeur général du comité d’organisation, Claude Atcher, qui avait été révoqué pour faute grave en octobre de la même année. Le parquet envisage des poursuites pour favoritisme, prise illégale d’intérêts et corruption. L’intéressé conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, les mis en cause demeurent présumés innocents.
Le dossier comporte un volet central consacré à la billetterie, portant sur l’acquisition de 733 places par Henri Mioch - ancien joueur devenu dirigeant de la société Harlequin’s, spécialisée dans l’événementiel et les hospitalités - pour un montant total d’environ 155.000 euros. Selon le PNF, cette opération aurait été réalisée en violation des conditions générales de vente, qui limitaient à six billets par acheteur, et n’aurait pu aboutir sans l’intervention de Claude Atcher. Des écoutes téléphoniques et des témoignages internes décriraient ce dernier comme un décideur clé dans le processus, ce qu’il réfute, affirmant ne pas avoir eu connaissance du volume exact de billets acquis.
Les investigations mettent également en lumière des flux financiers entre les sociétés civiles immobilières de Claude Atcher et la société Harlequin’s dirigée par Henri Mioch. Les enquêteurs relèvent notamment un bail d’habitation, des virements jugés insuffisamment justifiés ainsi que la prise en charge de certaines dépenses privées, dont des frais liés à un mariage. D’autres éléments, comme la location d’une villa à un tarif considéré comme surévalué, alimentent les soupçons d’éventuelles contreparties financières, ce que les deux hommes contestent.
Enfin, le Parquet national financier envisage des poursuites spécifiques pour corruption passive et prise illégale d’intérêts à l’encontre de Claude Atcher, et pour corruption active et recel de prise illégale d’intérêts contre Henri Mioch. Les enquêteurs s’interrogent, par ailleurs, sur une possible revente des billets dans un cadre commercial, hypothèse étayée par certains échanges internes évoquant des marges importantes. Henri Mioch, pour se défendre, assure toutefois avoir agi sans intention lucrative, affirmant vouloir réserver ces places à des proches ou à des clients.

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