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Un nez qui saigne, ça impressionne toujours. Surtout quand ça arrive souvent. Bonne nouvelle : dans la grande majorité des cas, ces saignements sont sans gravité.
L'essentiel
Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.
Avoir le nez qui saigne de temps en temps est tout à fait normal. Quand les saignements reviennent fréquemment, on parle d’épistaxis récidivantes. Elles peuvent concerner aussi bien les enfants que les adultes. Dans la plupart des cas, un mouchoir et quelques minutes de compression suffisent à stopper le saignement. Mais quand ils se répètent, il est normal de se poser des questions : faut-il consulter ? Est-ce le signe d’un problème de santé plus sérieux ? On fait le point avec le Dr Bruno Cohen, chirurgien ORL.
Causes : pourquoi saigne-t-on souvent du nez ?
Comme nous l’explique le Dr Cohen, l’intérieur du nez est une zone très fragile. Il est tapissé de vaisseaux sanguins très fins, situés juste sous la surface de la peau, qui peuvent se rompre facilement. Chez certaines personnes, le même petit vaisseau se rouvre régulièrement, ce qui explique les saignements de nez à répétition.
Les causes les plus fréquentes et bénignes
Dans la majorité des cas, le saignement vient de l’avant du nez, là où les vaisseaux sont les plus fragiles. Les épistaxis récidivantes peuvent être favorisées par :
- Un petit choc sur le nez (coup, chute, jeu un peu brusque).
- Un air trop sec (chauffage en hiver, climatisation en été).
- Le fait de se moucher très fort ou très souvent.
- Le fait de se gratter ou de se toucher souvent le nez.
- Un rhume, une allergie ou une irritation de la muqueuse du nez.
- La prise de certains médicaments, comme l’aspirine ou les anticoagulants, qui favorisent les saignements.
Chez l’enfant et l’adolescent : une fragilité des petits vaisseaux
Les épistaxis récidivantes sont assez courantes chez les enfants et les adolescents. « Leurs vaisseaux sont encore plus fragiles, notamment à cause des changements hormonaux, et peuvent éclater plus facilement », explique le Dr Cohen.
Le plus souvent, cela reste bénin. Mais si les épisodes sont vraiment fréquents, un médecin ORL peut proposer une cautérisation (un petit geste local pour fermer le vaisseau responsable).
Chez l’adulte : penser à l’hypertension artérielle
Chez l’adulte, la cause la plus fréquente d’épistaxis récidivantes est l’hypertension artérielle (tension trop élevée).
Quand la pression dans les vaisseaux est trop forte, le nez peut agir comme une sorte de « soupape de sécurité » : un petit vaisseau se rompt et saigne pour faire baisser cette pression.
« Dans ce cas, les saignements sont un signal d’alerte : il faut faire vérifier sa tension. Une fois l’hypertension traitée, les saignements disparaissent », prévient le Dr Cohen.
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Plus rarement : des causes plus sérieuses
Plus rarement, les épistaxis récidivantes peuvent être liées à :
- La présence d’un corps étranger dans le nez.
- Une tumeur bénigne ou maligne située dans les fosses nasales ou dans les sinus.
« Dans la grande majorité des cas, l’examen clinique permet déjà de repérer d’où vient le saignement et d’identifier le problème. En cas de doute, les causes plus sévères peuvent être éliminées après un examen du nez (rhinoscopie ou fibroscopie). Et, si besoin, un scanner ou une IRM », indique le Dr Cohen.
Épistaxis récidivantes : quand faut-il s’inquiéter et consulter ?
Consultez rapidement un médecin si :
- Les saignements sont très récurrents et vous inquiètent.
- Les saignements sont très abondants ou difficiles à arrêter.
- Vous souffrez aussi de maux de tête, de vertiges ou de fatigue.
- Vous êtes sous anticoagulants ou avez des troubles de la coagulation connus.
- Les saignements sont associés à d’autres symptômes inhabituels : fatigue, pâleur, essoufflement, ecchymoses faciles, saignements des gencives, sang dans les selles ou dans les urines.
En résumé, la répétition, l’abondance ou l’association à d’autres symptômes justifient une consultation. Un médecin pourra statuer sur la cause, proposer des traitements locaux et, si nécessaire, des examens complémentaires.
Que faire quand le nez saigne ? Comment arrêter l’écoulement ?
Un saignement de nez peut surprendre, mais dans la majorité des cas, il n’est pas dangereux et s’arrête rapidement. L’important est de rester calme et d’adopter les bons réflexes :
- Asseyez-vous et penchez légèrement la tête en avant.
- Mouchez-vous doucement pour évacuer les éventuels caillots et libérer les voies nasales.
- Pincez-vous le nez juste sous l’os, entre le pouce et l’index et maintenez une pression constante 10 à 15 minutes.
- Pendant ce temps, inspirez et expirez calmement par la bouche.
Évitez absolument :
- De pencher la tête en arrière. Car le sang pourrait couler dans la gorge et provoquer une toux ou des vomissements.
- De vous moucher tout de suite après le saignement, ou de mettre un doigt dans votre nez. Car cela pourrait relancer le saignement…
- De faire un effort physique intense immédiatement après le saignement. Car les activités sportives ou le port de charges lourdes peuvent relancer le saignement.
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Peut-on prévenir les épistaxis récidivantes ? Et comment ?
Quelques gestes simples peuvent aider au quotidien :
- Évitez le tabac et les environnements trop secs, qui irritent la muqueuse nasale.
- Buvez suffisamment d’eau chaque jour pour maintenir une bonne hydratation générale.
- Mouchez-vous doucement, sans forcer, pour ne pas fragiliser vos vaisseaux sanguins.
- Humidifiez l’air de votre logement, surtout en hiver ou dans les pièces chauffées, pour éviter que la muqueuse nasale ne se dessèche.
- Hydratez l’intérieur de votre nez avec du sérum physiologique, des sprays d’eau de mer ou une pommade nasale adaptée.
- Surveillez vos enfants : coupez leurs ongles courts pour éviter qu’ils ne se blessent en se touchant le nez.
En résumé, les épistaxis récidivantes sont généralement bénignes. Avec quelques gestes simples et un peu de prévention, il est souvent possible de les éviter. En cas de doute, parlez-en à votre médecin : mieux vaut poser la question que rester inquiet. Et rassurez-vous, dans la grande majorité des cas, il n’y a rien de grave !
Sources
Entretien avec le Dr Bruno Cohen, chirurgien ORL.

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