Du tout au tout. Trois jours après s’être abstenues de chanter leur hymne national en marge de leur entrée en lice en Coupe d’Asie face à la Corée du Sud (0-3), les joueuses de l’équipe nationale iranienne ont entonné le « Mehr-e Khavaran » avant leur deuxième match, perdu face à l’Australie ce jeudi (0-4).
Les Iraniennes ne se sont pas contentées de chanter, puisqu’elles ont également effectué un salut militaire, la main sur le côté de la tête. Aucune joueuse ne s’y est soustraite, bien que le staff technique et les remplaçantes aient privilégié la main sur le cœur.
Le silence des joueuses de Marziyeh Jafari avait été très commenté mondialement. Interprété par certains suiveurs comme une marque de défiance à l’encontre du régime des mollahs, orphelin du Guide suprême Ali Khamenei depuis l’opération conjointement menée par les États-Unis et Israël sur la République islamique le samedi 28 février, ce mutisme n’avait pas été justifié par les Iraniennes et leur sélectionneuse.

« Nous sommes toutes inquiètes »
En revanche, l’attaquante Sara Didar a retenu ses larmes mercredi en conférence de presse de veille de match lorsqu’elle a dû répondre à une question sur la situation de son pays. « Évidemment, nous sommes toutes inquiètes, et nous sommes tristes à cause de ce qui arrive à l’Iran, à nos familles et à nos proches », avait confié la jeune buteuse de 21 ans, alors que la République islamique est la cible de nombreuses frappes américaines et israéliennes depuis désormais six jours.
« Il est évident que nous sommes très préoccupées par nos familles, nos proches et toutes les autres personnes vivant dans notre pays, dont nous sommes complètement coupées », avait abondé Marziyeh Jafari, les coupures d’internet en Iran rendant très difficile la communication depuis l’Australie.
Si elles n’ont pas commenté leur choix de chanter l’hymne national avant la rencontre du jour, les Iraniennes semblent s’être retrouvées dans la même situation que leurs homologues masculins lors de la Coupe du monde 2022. Après avoir gardé le silence avant leur premier match face à l’Angleterre en soutien à un mouvement de contestation sociale en Iran, Mehdi Taremi et les siens s’étaient ravisés lors des deux suivants.
Selon plusieurs sources proches de l’équipe, la « Team Melli » avait été forcée à chanter, l’armée menaçant de « torturer » les familles des joueurs s’ils renouvelaient leur action.




