Top 14 : démolitions massives et coût prohibitif, Toulon veut abandonner Mayol pour un nouveau stade en bord de mer

il y a 3 hour 1

Le club varois a présenté ce mercredi son projet pour assurer sa pérennité. Pour les dirigeants du RCT, il est impossible de rénover l’enceinte historique. Explications.

Le projet va faire bondir les supporters les plus légitimistes du Rugby Club Toulonnais. Ce mercredi, les dirigeants du club varois ont présenté leurs conclusions pour en assurer «la pérennité». Et, pour eux, l’unique conclusion qui s’impose est d’abandonner l’historique stade Mayol, inauguré en 1920, pour en construire un nouveau en front de mer.

Les arguments présentés paraissent limpides et irréfutables. D’abord le constat. Avec son enceinte vieillissante, et «impossible» à agrandir car encastrée dans un quartier d’habitations en centre-ville, le RCT accuse des pertes annuelles estimées de 8 à 9 millions d’euros. L’enjeu est, dès lors, implacable : comment se doter d’un «stade à la hauteur des standards du rugby». «L’avenir du club dépasse la seule question sportive : il s’agit d’une décision stratégique engageant le rayonnement, l’attractivité et le dynamisme économique de la ville pour les décennies à venir», précise le dossier de presse.

Passer la publicité

La LNR menace le RCT de délocalisations à huis clos

Aujourd’hui, Mayol, c’est 17.500 places, soit 309.000 spectateurs par saison. Une jauge désormais insuffisante et, surtout, des contraintes. Avec seulement 1.333 places VIP, Mayol est le dernier de la classe. Il est également le seul stade du Top 14 dépourvu de salon VIP avec vue sur le terrain… Conséquence directe, le RCT n’apparaît qu’en huitième position en termes de chiffre d’affaires Hospitalités (5,1M€ HT contre, par exemple, 13,1M€ pour le Stade Rochelais).

À lire aussi Top 14 : «Aider le club sur le plan économique», Mignoni réagit au projet de construction d’un nouveau stade Mayol

Par ailleurs, la Ligue fait pression pour en souligner les limites actuelles. Ces derniers mois, deux matchs ont été reportés en raison des conditions météorologiques. La LNR a donc prévenu : en cas de nouvelles intempéries rendant impossible l’organisation d’un match au Stade Mayol, la rencontre serait délocalisée dans un stade adapté (probablement à Aix-en-Provence) et à huis clos…

Des travaux sont donc incontournables. Mais pour augmenter la jauge, le confort et la sécurité, ils s’annoncent pharaoniques selon les dirigeants du club. «Pour comprendre les enjeux, il faut visualiser la situation géographique. Mayol est un stade enserré dans un quartier dense, avec des immeubles résidentiels tout autour ; les avenues de la République et Franklin Roosevelt de part et d’autre ; un parking souterrain en fondation de la structure ; des bâtiments classés Architectes des Bâtiments de France dans la zone.» Ce qui signifierait «des démolitions massives dans le quartier environnant».

400 M€ pour financer les expropriations et les démolitions massives

En effet, leurs estimations sont affolantes : plus de 400 M€ pour financer les expropriations et relogements de riverains ainsi que des démolitions massives. La liste a de quoi effrayer : démolition du Palais Neptune, de bâtiments rue Dutasta, de l’EHPAD Renaissance, du centre commercial… Pour des années de travaux, «une refonte complète du plan de circulation et un centre-ville bloqué».

La conclusion s’impose d’elle-même selon les dirigeants du club varois. «Le projet de rénovation du stade Mayol se heurte à des obstacles rédhibitoires qui plaident pour une réflexion alternative tournée vers un équipement neuf et moderne.» À savoir un stade de 18.000 à 20.000 places assises, avec quatre tribunes couvertes, des espaces permanents comme des boutiques, un restaurant, un musée RCT..., et 3.000 à 4.000 places VIP (entre 50 à 80 loges). Une enceinte qui serait exploitable 365 jours par an, avec des concerts et spectacles, ainsi qu’un palais des Congrès inséré pour des séminaires, des salons professionnels…

Aux élus d’agir dans des délais compatibles avec la survie du RCT.

RCT

Passer la publicité

Le dossier révèle étudier «deux sites (Pipady et Tour Royale) en bord de mer», situés à 600 mètres du stade Mayol. «Ces sites n’entraînent pas d’exil, mais représentent une continuité. (…) Une ambition sans trahison». Un projet ambitieux et des édiles à convaincre. «Le RCT ne décide pas. C’est le projet de tout un territoire. Il appartient maintenant aux élus de reconnaître l’urgence de la situation du RCT et l’obsolescence irrémédiable du Stade Mayol au niveau professionnel. De s’engager à lancer dès le début de la prochaine mandature une étude sur Pipady et la Tour Royale. De décider avec courage et responsabilité, en plaçant l’intérêt de Toulon et son rayonnement au-dessus de tout. D’agir dans des délais compatibles avec la survie du RCT au plus haut niveau du rugby français.»

Et que deviendrait Mayol ? Le dossier de presse propose une vue d’architecte «valorisant le foncier», en s’appuyant sur l’exemple de Highbury, l’ancienne enceinte du club de football londonien d’Arsenal, reconvertie en habitations et jardins.

La reconversion du stade d’Highbury, à Londres Dossier de presse RCT
Lire l’article en entier