Top 14 : « Je ne pense absolument pas à mon âge », la force de frappe intacte de Nathan Hughes au Racing 92

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À 34 ans, l’ancien numéro 8 international anglais s’est immédiatement imposé comme un élément clé du pack du Racing 92, opposé ce dimanche au Stade Français dans le derby francilien.

Quand le Racing 92 a officialisé sa signature, en juillet dernier, certains ont émis de sérieux doutes. Trop vieux, dépassé après un long passage au Japon, plus dans le coup… Mais, très rapidement, Nathan Hughes (34 ans) a mis tout le monde d’accord en arrivant chez les Ciel et Blanc, après trois saisons dans le championnat nippon. Le numéro 8 international anglais (22 sélections entre 2016 et 2019) n’a rien perdu de sa force de percussion. Des charges de mammouth, une densité physique impressionnante et, surtout, une efficacité redoutable avec déjà 8 essais inscrits cette saison.

Une fois de plus, Patrice Collazo, toujours habile pour dénicher de bons profils, ne s’était pas trompé sur son recrutement. « Depuis le début de saison, c’est à mes yeux notre meilleur joueur », a récemment reconnu le technicien altoséquanais. Et Gaël Fickou d’ajouter : « Nathan, c’était quand même une référence en Angleterre pendant dix ans. On n’a pas recruté des mecs qui ne tenaient pas la route. » L’intéressé, toujours souriant et modèle de « coolitude », vit comme une deuxième, voire une troisième, jeunesse dans les Hauts-de-Seine.

J’aime ce côté physique du rugby, les collisions, les duels frontaux. Et le Top 14, c’est exactement ça

Nathan Hughes

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« Tout se passe à merveille. La France a toujours été un pays où je voulais venir jouer, notamment en Top 14, qui est un championnat très physique, probablement le plus dur au monde, confie-t-il au Figaro. J’ai joué en Angleterre pendant presque dix ans, j’ai souvent affronté des équipes françaises, mais jamais le Racing. Donc quand j’ai eu l’opportunité de venir ici, j’étais sauté sur l’occasion. La vie ici est vraiment très agréable : les joueurs m’ont bien accueilli, le staff aussi, et les gens ici sont très chaleureux. »

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Ses oreilles ont effectivement sifflé quand on a avancé qu’il était trop vieux pour ce nouveau défi. Mais, là encore, il prend les choses avec beaucoup de recul : « J’ai entendu tout ça. Avoir 34 ans, on considère que c’est trop vieux pour jouer au rugby. Mais moi, je ne pense absolument pas à tout ça. J’essaie encore de progresser chaque jour. On a un groupe très jeune, ça me permet de rester jeune aussi. Je ne me focalise pas sur mon âge, j’écoute mon corps et, pour l’instant, tout va bien. » La clé de sa longévité ? « C’est la récupération. Il faut bien récupérer après les matchs et pendant la semaine. Il y a cinq ou six ans, je ne prenais pas ces choses-là au sérieux : après un match, je pouvais boire une bière sans y penser, reconnaît-il. Aujourd’hui, tout est orienté vers la récupération pour être prêt dès le lundi. Car, en France, on ne s’arrête jamais de jouer. »

Au sein du solide pack francilien, il apporte encore toute son énergie et sa densité physique. « J’aime ce côté physique du rugby, les collisions, les duels frontaux. Et le Top 14, c’est exactement ça. Je savais que venir au Racing allait être un sacré défi. J’étais un peu nerveux au début, mais c’est comme plonger dans l’océan : une fois que tu es loin du rivage, il faut bien continuer à nager… » Véritable globe-trotteur - des Fidji au Japon, en passant par la Nouvelle-Zélande et l’Angleterre -, Nathan Hughes y a puisé une forme de sagesse, il transmet son calme naturel et sa bonne humeur. « Toutes ces expériences te rendent meilleur en tant que personne. En découvrant différentes cultures, tu apprends à respecter les gens et leurs parcours. S’adapter à chaque pays, c’est aussi très enrichissant. Et ici, c’est un super endroit : les gens sont formidables, et la nourriture est excellente », lâche-t-il dans un éclat de rire.

Si je joue bien et que je suis régulier, la sélection avec les Fidji viendra d’elle-même. À mon âge, je suis en paix avec ça : si ça arrive, tant mieux. Sinon, tant pis…

Nathan Hughes

Son manager a même confié que l’ancien joueur des Wasps et de Bristol est devenu « le papa » du club. La remarque le fait à nouveau sourire. « J’ai des enfants, donc j’aime passer du temps avec les jeunes, mais je ne me vois pas comme leur père, avance-t-il. Je suis un joueur comme les autres. Je traite mes coéquipiers de la même manière, qu’ils aient 16 ou 35 ans. Chacun fait partie de la famille du club. » Sur le terrain et dans la vie, Nathan Hughes a un animal totem : le rhinocéros. Il se l’est fait tatouer et célèbre ses essais en mimant ses deux cornes. « Le psychologue avec qui j’avais travaillé m’avait demandé de choisir un animal et j’ai pris celui-là. Le rhinocéros est un animal qui charge sans hésiter, puissant et dominant. En numéro 8, c’est exactement ce qu’on doit faire : avancer, que ce soit en attaque comme en défense. J’essaie de m’en inspirer dans mon jeu », nous raconte-t-il.

Le temps ne semble pas avoir d’emprise sur lui. Patrice Collazo en est convaincu, qui le taquine régulièrement en lui disant qu’il se prépare pour la prochaine Coupe du monde 2027 en Australie qu’il pourrait disputer avec… les Fidji, son pays de naissance. Nathan Hughes reconnaît qu’il en a fait un objectif : « C’est effectivement dans un coin de ma tête. Il y a des échanges avec le staff. Mais je me concentre sur ce que je peux contrôler : mes performances. Ce n’est pas moi qui choisis l’équipe. Alors, ma priorité, c’est le Racing. Si je joue bien et que je suis régulier, la sélection viendra d’elle-même. À mon âge, je suis en paix avec ça : si ça arrive, tant mieux. Sinon, tant pis… » Nouvelles paroles de sage.

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