INTERVIEW. Juré de Top Chef depuis 2022, Glenn Viel nous a accordé une interview au cours de laquelle il est revenu sur cette saison 17, entre nouveau rôle auprès des candidats et des débats parfois vifs avec ses collègues.
Après une édition 2025 associée au Guide Michelin, Top Chef a changé de formule cette année en proposant un concours sans brigade et itinérant. De qui déstabiliser les 16 candidats retenus pour cette saison 17. Et apporter un rôle nouveau à Philippe Etchebest, Hélène Darroze, Paul Pairet, Glenn Viel et Stéphanie Le Quellec. Finis le coaching, ils sont jurés à part entière et qualifient — et éliminent — les candidats chaque semaine.
Au cours d'un entretien qu'il nous a accordé, Glenn Viel est revenu sur cette nouvelle mouture, ses candidats, ses débats parfois vifs entre les jurés mais aussi sur l'esprit colonie de vacances qui règne sur le tournage. Le chef triplement étoilé a également vivement défendu le sérieux du concours et critiqué les comparaisons avec la télé-réalité.
"Une sorte de retour aux sources" : Glenn Viel évoque les nouvelles règles de la saison 17 de Top Chef
Télé-Loisirs : Comment avez-vous appréhendé cette nouvelle saison de Top Chef ?
Glenn Viel : On s'adapte ! C'est une sorte de retour aux sources. Au début de Top Chef, il y avait le jury d'un côté et les candidats de l'autre, un peu livrés à eux-mêmes. Pour eux, c'est une saison très différente, hyper rythmée et difficile.
Et il faut s'adapter à un lieu différent chaque semaine !
Oui, il faut de la flexibilité. De toute façon, notre métier, c'est de s'adapter au quotidien à nos clients. Là, ils changent d'atmosphère et de concept chaque semaine. Ce n'est pas une évidence pour tout le monde de capter un lieu, prendre son énergie et en faire quelque chose. Peut-être que le gagnant de cette année aura cette faculté.
Sans chefs pour les coacher, il y a parfois des petits ratés à la réalisation de certains plats…
C'est leur concours, on n'est pas là pour leur faire la recette. Mais c'est vrai que quand on a une équipe au début d'un concours, on leur dit de faire attention à telle ou telle chose, d'organiser leur poste. Là, ils rentrent dans le concours de manière plus timorée et sont plongés dans le grand bain.
On sent beaucoup de compétition entre eux alors qu'il n'y a plus de brigade…
Nous ne l'avons pas vu au moment du tournage. Mais globalement, on est toujours dans la compétition. (Il sourit.)
"Un rouleau compresseur" : Glenn Viel évoque l'impact de Top Chef sur les candidats
Le rôle de coach vous manque-t-il ?
C'est différent. On passe moins de temps avec les candidats, donc forcément on les connaît un peu moins. Mais c'est bien, ils nous parlent avec leurs mots, parfois nature-peinture.
Voyez-vous des différences dans le casting ?
Des candidats talentueux, il y en a chaque année. Et tous les cinq ans, il y en un qui sort du lot, comme Jorick (gagnant de la saison 15, ndlr) qui était fort dans tout. Ou Adrien Cachot, de la même trempe mais avec un esprit plus loufoque. Parfois, il y en a qui mettent du temps aussi.
Top Chef, c'est un rouleau compresseur pour les candidats qui viennent avec l'ambition d'aller jusqu'au bout et sont projetés du jour au lendemain dans quelque chose de fort émotionnellement et au rythme intensif. C'est un vrai concours, pas une télé-réalité. Certains sont parfois dans le dur.
La persévérance est-elle la qualité première d'un cuisinier ?
Ce métier-là n'est pas pour tout le monde, comme sportif de haut niveau. Nous sommes des artisans avec une forme d'art et un rythme de sportif.
Plus tard dans la saison, chaque chef choisira un candidat. Avez-vous su rapidement vers qui vous vouliez vous diriger ?
Oui. Mais c'est le cas chaque année. Et ce n'est pas toujours le meilleur cuisinier. Le CV m'importe peu en vérité, je ne fais pas ce genre de calcul-là. Je préfère choisir quelqu'un avec qui j'ai un feeling et une vision commune.
Globalement, j'ai toujours eu les candidats que je voulais, au grand dam de Paul Pairet pare qu'on choisit souvent les mêmes.
Top Chef : Glenn Viel toujours prêt à "décrocher le téléphone" pour un ancien candidat
L'itinérance cette année a-t-elle favorisé un esprit de colonie de vacances avec les jurés ?
Il y a une très bonne ambiance. Il faut qu'on apporte un peu de légèreté tout en restant sérieux. On a l'avenir des candidats entre nos mains. Donc on le prend au sérieux. Parfois, on n'est pas d'accord entre nous. Ça peut être houleux, mais toujours dans la bienveillance.
Comment faites-vous pour vous départager en cas de désaccord ?
Comme nous sommes cinq, ça facilite les choses. Mais on n'est pas toujours d'accord et parfois, le débat peut durer 40 minutes, une heure. À la télé, on a l'impression que c'est du tac au tac, mais ce n'est pas toujours le cas. Parfois, il faut se battre pour ses convictions et faire des concessions.
C'est bien parce que ça prouve qu'il y a une diversité de pensées. Tout est une question de perception et c'est ce qui fait l'intérêt de notre métier.
Avez-vous gardé un lien avec certains anciens candidats que vous avez coachés ?
Tous ceux qui veulent garder contact sont les bienvenus. Plusieurs sont venus à la maison, oui, comme les frères Mathieu et Jacques Lagarde, Alexandre Marchon ou Jérémie Falissard (saison 14). S'ils ont besoin d'un conseil, si tant est que je puisse leur donner, je décrocherai toujours le téléphone.
"J'ai pris 7-8 kilos" : Glenn Viel se confie sur la prise de poids des jurés de Top Chef pendant le tournage
Avez-vous déjà suggéré à un de vos cuisiniers de passer le casting ?
Sincèrement, si j'ai une perle, je le garde ! (Il rit.) En revanche, nous suivons et poussons tous ceux qui veulent passer des concours. Même si naturellement je ne suis pas un homme de concours.
Pourquoi donc ?
J'ai besoin de temps pour faire mes recettes. Si je fais un plat en deux-deux, il sera peut-être très bon mais s'il n'y a pas de philosophie derrière le plat, ça va me frustrer. J'ai un style à moi et n'ai pas envie d'en sortir. Si un peintre fait de l'impressionnisme, il n'a pas envie de faire du cubisme.
Vous n'auriez pas pu participer à Top Chef !
On me l'a proposé quand j'étais plus jeune. Je n'avais pas ce courage ni l'envie de m'exposer comme ça. J'avais peur de me planter et sortir au premier tour. Et puis la première fois que la production est venue me chercher, j'avais déjà deux étoiles.
Être coach n'est pas simple non plus !
C'est plus confortable et agréable. Les candidats perdent du poids, nous, on en prend. J'ai pris 7-8 kilos sur la saison.
Est-ce facile de les perdre après ?
Ça va. Je me relance à fond dans le sport. Je fais de la musculation à la salle. Ce n'est pas ce qui m'amuse le plus mais c'est efficace et l'avantage, c'est que c'est ouvert de 6h à 22h. J'aimerais bien faire un sport collectif, comme le handball, mais c'est trop rigide en termes d'horaires.

il y a 2 day
3



