Traitements antiparkinsoniens et effets indésirables : un sondage fait état de chiffres étonnants

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Dans la presse, il est parfois question, dans le cadre d’un fait divers, des risques associés aux agonistes dopaminergiques, médicaments antiparkinsoniens, notamment en termes de contrôle des impulsions. Certains malades ont ainsi attaqué un laboratoire britannique (GSK) pour ne pas les avoir informés des risques de troubles du contrôle des impulsions, les ayant rendus accros aux jeux d’argent ou au sexe.

Mais si ces risques associés aux agonistes antidopaminergiques sont désormais connus par les personnes parkinsoniennes, d’autres classes de traitement seraient aussi concernées.

Un cumul des traitements qui augmente les risques

Dans une enquête menée auprès de plus de 6 800 personnes touchées, l’association France Parkinson montre l’ampleur du phénomène. L’ensemble des stratégies thérapeutiques anti-Parkinson seraient concernées par des effets indésirables, et notamment des troubles du contrôle des impulsions (ou TCI). « Selon les modalités de prise en charge, les TCI touchent entre 37 % et 68 % des patients. Leur fréquence s’accroît fortement avec le cumul des traitements, passant de 23 % des patients avec un seul traitement à 65 % lorsque quatre traitements ont déjà été pris par la personne malade, et tend à augmenter avec les années d’exposition aux traitements », prévient ainsi France Parkinson.

Des pulsions sexuelles, mais aussi alimentaires et pécuniaires

L’enquête révèle que, parmi les 37 % de personnes concernées par les TCI, les troubles les plus fréquemment cités sont :

  • la surconsommation alimentaire, qui touche 19 % des répondants ;
  • l’hypersexualité, déclarée par 11 % d’entre eux ;
  • l’hyperactivité (9 %) ;
  • les achats compulsifs, qui concernent 7 % des personnes interrogées.

À ces TCI s’ajoutent des comportements répétitifs (5 %) ou encore agressifs (4 %), et les addictions aux jeux d’argent (3 %), entre autres.

Sans surprise, selon les personnes concernées, ces troubles peuvent avoir d’importantes conséquences, notamment au niveau financier et relationnel.

En parler pour les limiter

L’enquête souligne par ailleurs qu’un manque d’information subsiste au niveau de ces effets indésirables, puisque plus de 6 patients sur 10 disent ne pas avoir été informés des risques de TCI à l’initiation des traitements. Un manque d’anticipation qui, selon France Parkinson « freine leur repérage : plus d’un tiers des patients concernés n’en parlent jamais, et près d’un sur deux en dissimule une partie ».

Pourtant, lorsqu’ils sont identifiés, ces effets indésirables peuvent être atténués ou supprimés, via un réajustement thérapeutique (modification du dosage ou changement de médicament). Selon l’enquête, dans près de neuf cas sur dix, un tel réajustement permet une amélioration significative.

Tout en appelant les laboratoires à fournir des notices plus explicites, France Parkinson a demandé à l’Agence nationale du médicament (ANSM) de remettre à jour le flyer relatif aux effets indésirables, dont la dernière réactualisation date de 2016.

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