Le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres. À Paris, si les habitués du Centre Pompidou doivent se passer de leurs collections préférées pendant au moins cinq ans pour cause de travaux ; à Perpignan (Pyrénées-Orientales), l’heure est aux réjouissances : le musée d’art moderne Hyacinthe Rigaud vient de décrocher le prêt d’une pièce maîtresse du peintre catalan Salvador Dali. Jusqu’au 30 avril 2027 au moins, les visiteurs perpignanais pourront admirer « Hallucination partielle. Six images de Lénine sur un piano ».
« Le tableau a été accroché il y a quelques jours. Nous profitons de cette fermeture du centre Pompidou pour faire entrer Dali dans notre parcours permanent. C’est aussi une manière de rappeler que les collections nationales sont le bien de tous et qu’il est indispensable de les faire circuler », se réjouit Pascale Picard, conservatrice et directrice du musée perpignanais.
Perpignan décrété « centre de l’univers » par Dali
« Avec ce tableau Hallucination partielle, au travers de la multiplication de têtes de Lénine, c’est la première fois qu’une allusion politique est faite par Dali », pointe Pascale Picard. Lorsqu’il peint ce tableau, le maître catalan est très irrité par la réaction outrée du Parti communiste suite à la publication de l’un de ses poèmes dans lequel il évoque un éveil à l’amour dans une dimension érotique « très explicite », raconte Pascale Ricard. « À l’époque, le surréalisme est très lié au communisme mais Dali, lui, refuse toute contrainte et fait de ce tableau une réaction ».
Au-delà de cette pièce maîtresse du maître du surréalisme, les visiteurs pourront également (re) découvrir deux autres œuvres de l’artiste : l’une étant le dessin du clocher de Collioure et l’autre une photographie du tableau « La gare de Perpignan ».
Si l’exposition d’œuvres de Dali à Perpignan ne passe jamais inaperçue, c’est aussi parce que la ville a toujours eu une place à part dans la vision du monde que se faisait Dali. En août 1965, le peintre surréaliste a décrété que la gare de Perpignan n’était ni plus ni moins le « centre de l’univers », après y avoir vécu une véritable « extase cosmogonique » deux ans auparavant. Une expérience « cosmique » qui inspirera à l’artiste un autre tableau, baptisé « La gare de Perpignan » mais aussi « Pop, op, yes-yes, pompier ». Un nom qui sera celui de la prochaine exposition que lui consacrera le musée Hyacinthe Rigaud en 2027.




