La bouille et les yeux bleus du petit « Hugo Cabret » de Martin Scorsese, film sorti en 2011, c’est lui. L’ado qui donne des conseils en matière de sexualité à ses camarades dans « Sex Education » (2019-2023) aussi. À 29 ans, âge insoupçonnable au regard de son physique toujours juvénile, Asa Butterfield est de retour sur Netflix dans « Unchosen ». Cette série en six épisodes, disponible à partir de ce mardi 21 avril, se déroule dans une secte au Royaume-Uni.
L’acteur y incarne Adam, jeune homme marié à Rosie, le couple étant parent d’une petite fille malentendante, Grace. Peu sûr de lui, il est notamment encombré par un frère qui enfreint les règles de la communauté. En se cachant derrière sa foi aveugle, il se soumet au régime autoritaire pour y trouver sa place.
Car ici, dans la Communauté du Divin, la doctrine chrétienne qui régit le quotidien est particulièrement rétrograde. Le guide spirituel décrit ce lieu comme « un havre de paix où nos femmes élèvent nos enfants et nos hommes les nourrissent ». Tout contact avec le monde extérieur est proscrit, les smartphones – instruments du diable – sont interdits. Et au sein des couples, la hiérarchie est claire : « Sois soumise à ton mari comme au Seigneur, garde bien ça en tête », lance Adam à sa femme dans le premier épisode.
Une mécanique bien menée
Le titre « Unchosen », qui se traduit ici par « profane », désigne tous ceux qui ne font pas partie de la communauté. Il fait également référence à un mystérieux homme que Rosie croise dans la forêt. Celui-ci va s’immiscer dans sa vie et celle de ses proches, mettant leur foi à l’épreuve.
La réussite de cette série repose d’abord sur ses interprètes. Asa Butterfield joue à la perfection la vulnérabilité de son personnage. Molly Windsor prête ses traits à sa femme Rosie, faisant preuve de virtuosité entre la détermination et les doutes de cette femme et mère. Elle nous avait d’ailleurs déjà bouleversés en 2018 dans la déchirante mini-série « Three Girls » où elle incarnait une adolescente prise dans un réseau de prostitution. Pour compléter le trio central, Fra Fee, d’Irlande du Nord (vu dans « Lost Boys and Fairies »), se glisse dans la peau de l’inconnu, Sam. Son charisme et sa présence servent une performance magnétique sur laquelle repose l’intrigue.
La violence psychologique, et parfois physique, qui alimente « Unchosen » met forcément mal à l’aise. La maltraitance et les abus commis au sein de la secte ne peuvent que hérisser les poils. Mais l’espoir d’une prise de conscience de l’héroïne Rosie pousse à enchaîner les épisodes. Même si certains rebondissements sont assez prévisibles, la mécanique est habilement menée. En plus, l’image est très belle et la réalisation de Jim Loach (épisodes 1 à 3) et de Philippa Langdale (4 à 6) met en exergue les questionnements intérieurs de chacun en filmant les visages et les corps de manière puissante.
La note de la rédaction :
4/5
« Unchosen », série britannique de Julie Gearey (2026) avec Molly Windsor, Asa Butterfield, Fra Fee… Six épisodes de 40 à 49 minutes chacun.




