Le casque de réalité virtuelle sur les yeux, on touche quasiment du doigt l’horreur de la bataille de Verdun. On entend les balles siffler, les bombes exploser tout près et on voit des hommes tomber les uns après les autres. Il ne manque que l’odeur du sang et de la poudre, ainsi que des éclats de boue sur le visage. L’immersion totale, vraiment impressionnante, laisse un peu KO. La faute à l’horreur des images ou à l’expérience de la réalité virtuelle, à laquelle notre oreille interne n’est pas habituée ? Sans doute un peu les deux.
Le musée de la Grande Guerre situé à Meaux (Seine-et-Marne) accueille depuis octobre, en première mondiale, « Champ de bataille », un film en réalité virtuelle (VR en abrégé pour Virtual Reality en anglais) réalisé par François Vautier, coproduit par Jérémy Sahel/Da Prod et France Télévisions. Il plonge littéralement le spectateur au cœur des tranchées de Verdun en 1916.
Cette œuvre mêlant prises de vue réelles et technologie VR innovante, présentée en compétition à la Mostra de Venise et au Festival de Cannes (Immersive Sélection) propose donc une immersion émotionnelle et sensorielle inédite dans les tranchées de la Grande Guerre.
Plus de 7 500 visiteurs ont déjà vécu l’expérience
Face à l’engouement du public et au succès rencontré depuis son lancement – plus de 7 500 visiteurs ont déjà vécu l’expérience – « Champ de bataille » a été prolongé en décembre et janvier dernier. Le film est à nouveau proposé au musée durant ces vacances de février, au moins jusqu’au 8 mars inclus.
Le casque de VR sur les yeux, le film suit durant 22 minutes les Poilus les pieds dans la boue d’une tranchée. On y découvre notamment Julien, un jeune soldat malentendant dont la mission est de rétablir une ligne téléphonique, par laquelle un commandant va leur donner l’ordre de partir à l’assaut. Un ordre qui va signer leur fin.
On y vit de très près la mort des uns et des autres. Ainsi que l’angoisse qui la précède, dans les regards et les comportements, et la peur qui paralyse un jeune soldat au moment de s’élancer sur la ligne de front. « Julien, ça va ? », lui demande un collègue au tout début du film. On sent bien que rien ne va, pour Julien comme pour tous les autres.
« C’est un gros choc. C’est top ! »
Philippe vient de vivre l’expérience. « On prend une claque visuelle, dit-il. On a l’impression de le vivre. C’est un gros choc. C’est top ! » « C’était vraiment émouvant, reconnaît Mickaël. On s’y croyait vraiment. Je le conseille à tout le monde. » « Il y a de l’émotion, oui, abonde Sandrine. C’est une belle immersion. C’est un peu gore, mais ça va. » Visiblement très émue dès les premiers décès de ces jeunes hommes, Florence, elle, n’a pas été au bout du visionnage.
Compte tenu de la violence des images et de la mort vue en face, l’expérience est déconseillée aux moins de 12 ans. Les parents qui le souhaitent peuvent ainsi confier leur enfant trop jeune à un animateur qui va lui proposer de dessiner sur une table, durant les 22 minutes que dure l’expérience.
Durant la séance, VR oblige, il ne faut pas oublier de tourner la tête à 360° pour profiter à fond de la prouesse technique, tant au début quand on survole un champ qu’un tracteur est en train de labourer, que pendant que les obus éclatent de toute part. Et s’il y a un problème de son, il faut le signaler immédiatement. Les bruits ambiants sont une part importante de l’immersion.
Dans son exposition permanente, le musée de la Grande Guerre présente une collection universelle pour comprendre les causes, le déroulement et l’héritage de la Première Guerre mondiale. Dans une scénographie déployée sur 4 000 m2, avions et chars, tranchées reconstituées, canons et véhicules, objets du quotidien et uniformes plongent les visiteurs dans l’histoire de Guerre 14-18. Une immersion dans le conflit mondial, renforcée encore par « Champ de bataille ».
D‘autres temps forts tout au long de l’année
En 2025, le musée de la Grande Guerre, qui propose également une exposition temporaire chaque année à partir du mois d’avril, a attiré 100 000 visiteurs en 2025, dont 35 000 scolaires. Depuis l’inauguration de la tranchée, en novembre 2024, le Musée a connu 18 % d’augmentation de sa fréquentation. Cet espace immersif de près de 1 000 m2, accompagné d’une ambiance sonore réaliste, permet aux visiteurs de saisir de manière concrète la complexité du système-tranchées.
Pour 2026, le musée de la Grande Guerre prépare de grands temps forts à partager avec le public : l’exposition « Couleurs de la Grande Guerre » à partir du 4 avril, le week-end de reconstitution historique début septembre, les 15 ans du musée pour le 11-Novembre ainsi qu’une programmation riche et variée pour tous les âges.




